LE REMEDE DES LAMINAK

Publié le par Gianmarco Toto

Mari, déesse et protectrice des basques de tout le pays et maîtresse de toutes les créatures est fort malade. Atteinte d'une tristesse étrange, elle se meurt à petit feu, emportant avec elle tout le pays de Lurra. Pour les laminak médecins, ce mal est un mystère et comme Mari ne veut rien dire, (car le silence est sage au pays de Lurra.), les médecins décident de convoquer ses meilleurs serviteurs.

Cette pièce de théâtre inspirée des légendes du Pays-Basque est dédiée aux groupes d'enfants nombreux.

LE REMEDE DES LAMINAK

(L’histoire se passe dans le décor d'une forêt)

NARRATEUR : -  Il y a bien longtemps, en ce monde, vivait le peuple des laminak, des êtres fantastiques qui côtoyaient souvent l'homme. De nature joueuse, ils aimaient taquiner les êtres humains ou les aider.

L'histoire que je vais vous raconter, se passe dans les noires forêts d'Iraty.

Mari, déesse et protectrice des basques de tout le pays et maîtresse de toutes les créatures est fort malade. Atteinte d'une tristesse étrange, elle se meurt à petit feu, emportant avec elle tout le pays de Lurra. Pour les laminak médecins, ce mal est un mystère et comme Mari ne veut rien dire, (car le silence est sage au pays de Lurra.), les médecins décident de convoquer ses meilleurs serviteurs.

MEDECIN 1 : - Nous voilà, aujourd'hui, complètement impuissants...

MEDECIN 2 : - C'est la première fois que cela nous arrive...

MEDECIN 3 : - Oui, nous sommes incapables de soigner notre reine mère. Quelle misère !

MEDECIN 2 : - Cessons de nous plaindre comme des enfants ! Il doit y avoir une solution.

MEDECIN 1 : - Oui, un remède magique qui ne nous est pas connu !

MEDECIN 3 : - Peut-être souffre-t'elle du rhume des fées ?

MEDECIN 2 : - Non, non ! Les symptômes ne sont pas identiques.

MEDECIN 1 : - Ou alors, de la "tristose" des laminak...

MEDECIN 2 : - Il n'y a que les laminak qui peuvent contracter cette maladie. Non, il doit y avoir autre chose.

MEDECIN 3 : - Allons le lui demander !

MEDECIN 2 : - Oui, c'est cela, demandons-lui...

(Ils s'approchent de Mari en baissant la tête.)

MEDECIN 2 : - Mari, Mari ! Ô, déesse de toutes les créatures de la noire forêt, éclaire notre science et dis-nous quel est ce mal qui te rend si triste !

(Mari ne répond pas et adresse aux médecins, un regard encore plus triste)

MEDECIN 2 : - Et voilà ! C'est toujours le même chose...

MEDECIN 3 : - Muette comme une truite...

MEDECIN 1 : - Triste comme la pierre...

MEDECIN 3 : - Et nous, inutiles, comme un soupir...

MEDECIN 2 : - (trépignant de rage) Ah ! Ah! J'enrage, j'enrage ! Je suis maudit ! Plutôt être dévoré par Mamu !

MEDECIN 1 : - Allons Guillén, calme-toi, nous verrons ce que les meilleurs serviteurs de Mari seront capables de faire.

MEDECIN 3 : - D'ailleurs, silence, je sens leur venue. Ils sont proches.

 

(Les laminak serviteurs de Mari  apparaissent de partout à la fois.)

 

LAMINA : - Oui, Guillén ?

LAMINA : - Qu'est-ce que c'est, Guillén ?

LAMINA : - Tu nous appelles, Guillén ?

LAMINA : - Tu nous cherches, Guillén ?

LAMINA : - A ton service, Guillén ?

LAMINA : - Toujours présent, Guillén ?

LAMINA : - Et courageux, Guillén !

LAMINA : - Et joyeux, Guillén ?

LAMINA : - Et tellement beau Guillén !

LAMINAK : - (ensemble) Nous sommes des laminak, Guillén. Poilus dessus, poilus dessous.

Des pieds jusqu'au cou, nous sommes des laminak. Des laminak par dessus et par dessous.

MEDECIN 1:  - Silence, effrontés! Du silence ! Notre reine est souffrante.

MEDECIN 2: - Malade! Terriblement malade !

MEDECIN 3: - Triste, effroyablement triste.

LAMINA: - Malade?

LAMINA: - Triste? Oh, par tous les sorciers !

LAMINA: - Souffrante? Nous sommes cuits, tout est fini !

LAMINA : - Mais soignez la, Guillén, soignez la !

LAMINA : - Vite ! Nous allons tous mourir si vous ne le faites pas !

LAMINA : - Ciel, les poils m'en tombent !

LAMINA : - Et moi la langue se noue !

LAMINA : - Et moi, la rate éclate !

LAMINA : - Vite ! Il faut la guérir.

MEDECIN 3 : - Silence ! Nous ne pouvons rien, nous ne connaissons pas la maladie de notre reine.

MEDECIN 2: - Alors nous ne pouvons diagnostiquer...

MEDECIN 1: - ET donc, nous ne pouvons soigner...

LAMINAK: (ensemble) - Mais alors, c'est la fin!?

MEDECIN 2: - Peut-être pas, tout dépend de vous!

MEDECIN 1: - Oui, puisque vous êtes désignés comme les meilleurs serviteurs de Mari...

MEDECIN 3: - Nous vous chargeons d'une mission délicate...

MEDECIN 2: - Découvrir la maladie de notre reine et son remède en questionnant les creatures de la forêt que vous rencontrerez...

MEDECIN 1: - Et revenir avec le remède!

MEDECIN 3: - Laminak, êtes-vous prêts ?

LAMINAK : - (ensemble) Nous sommes des laminak, Guillen, poilus dessus, poilus dessous. Des pieds jusqu'au cou. Nous sommes des laminak, des laminak par dessus et par dessous.

MEDECIN 2 : - Bon courage ! Guillén ! Bon courage...

MEDECIN 3 : - Et bonne chance, Guillén...

MEDECIN 1 : - Soyez prudents, Guillen !

 

(Noir)

 

NARRATEUR : - Ainsi, nos joyeux compagnons partirent plein d'entrain, vers les profondeurs de la noire forêt où le destin les emmènerait vers d'incroyables aventures. Mari sera-t'elle sauvée ? Bon courage Laminak, bon courage !

 

(Et bien plus tard...)

 

LAMINA : - C'est bien gentil...

LAMINA : - C'est une promenade agréable...

LAMINA : - Mais par où aller ?

LAMINA : - Par où commencer ?

LAMINA : - Je propose d'aller par là !

LAMINA : - Tu te trompes, Guillén, c'est par là qu'il faut aller.

LAMINA : - Vous dites n'importe quoi ! Notre chemin est par ici.

LAMINA : - Pas du tout, nous devons suivre ce sentier !

LAMINA : - Par la barbe du grand loup, nous n'y arriverons jamais.

 

(Des coups de fusils et des voix d'hommes se font entendre.)

 

LAMINA : - Qu'est ce que c'est ?

LAMINA : - Taisez-vous, nous ne sommes pas seuls !

LAMINA : - Ce sont des hommes, là-bas, des chasseurs !

LAMINA : - Une battue ? Mais ce n'est pas la saison ?

LAMINA : - Regardez ! Quelqu'un approche à grands pas !

LAMINA : - Mon dieu ! C'est basajaun, l'homme sauvage !

LAMINA : - Basajaun ! C'est est fini de nous !

LAMINA : - Nous sommes sur son territoire, il va nous dévorer !

LAMINA : - Il faut nous cacher, vite !

 

 (Ils disparaissent. Entre Basa jaun terrorisé, il se cache.) (La battue s'éloigne) (Les laminak sortent de leur cachette)

 

LAMINA : - Je n'ai jamais vu Basajaun dans cet état.

LAMINA : - C'est inouï, il a l'air de se cacher !

LAMINA : - Approchons-nous doucement !

LAMINA : - Il ne faut pas le mettre en colère.

LAMINA : - Ou alors, il nous en cuira !

LAMINA : - Et il nous punira !

LAMINA : - Je ne veux pas mourir si jeune !

LAMINA : - Silence, il nous a entendu !

LAMINA : - Mari, protège-nous !

BASAJAUN : - Qui est là ? Qui murmure ?

LAMINA : - C'est nous, Basajaun, les laminak !

BASAJAUN : - Ah, c'est vous ? Vous m'avez fait peur ! Nous ? Nous t'effrayons ?

LAMINA : - Et depuis quand, Basajaun, craint-il les laminak ?

BASAJAUN : - Oh, taisez-vous, je suis si malheureux !

LAMINA : - Lui aussi !

LAMINA -     Mais alors, la maladie de Mari serait contagieuse ?

BASAJAUN : - Mari ? Mari est malade ?

LAMINA   - C'est pour ça que nous sommes là !

LAMINA : - Nous cherchons la cause et le remède.

BASA JAUN : - Ah ! Mes pauvres amis, je ne sais pas quel mal hante Mari, mais je sais que plus personne ne me craint.

LAMINAK : - (ensemble) Plus personne ?!

BASA JAUN : - Plus personne. Les hommes ne me craignent plus, les animaux ne me craignent plus, je suis pourchassé tout le jour comme un gibier facile. Je ne suis plus rien.

LAMINA : - Il a raison même les laminak ne le craignent plus !

LAMINA : - C'est vrai, nous n'avons plus peur de toi !

BASAJAUN : - Voyez, j'ai raison ! Je suis misérable ! (il pleure)

LAMINA : - Allons Basajaun, il faut te secouer !

LAMINA : - Tu ne peux rester ainsi !

LAMINA : - Tu dois essayer de faire retentir ton cri !

LAMINA : - Ce cri dans la forêt qui nous terrorise.

BASA JAUN : - Vous croyez ?! (il pousse son cri mais rien ne se passe)

LAMINA : - En effet, c'est désespérant !

LAMINA : - Silence, Guillén ! Essaye encore Basajaun !

BASA JAUN : - Je n'y arriverais jamais ! (il pousse un autre cri, mais en vain) Vous voyez ?!  Autant mourir ! (Il pleure de nouveau)

LAMINA : - (à part, aux autres) Psst ! Approchez ! J'ai une idée ! Basa-jaun n'aime pas que l'on se moque de lui ? (approbation générale) Alors si nous nous moquions tous de lui, cela le mettrait en colère ? (nouvelle approbation) Et peut être qu'en colère, Basajaun deviendrait terrifiant ?

LAMINA : - Pourquoi pas. Qu’avons-nous à perdre ?

LAMINA : - Il faut essayer !

LAMINAK : - (ensemble) Basa-jaun, Basa-jaun ! Homme sauvage ! Tu es sage et couard ! Tu es faible Basa jaun, Basajaun ! De peur, nous ne tremblons plus ! De frayeur, nous ne courrons plus ! Basajaun, Basajaun ! Tu es faible, tu es faible !

(Ils répètent sans cesse cette incantation et peu à peu Basa-jaun se redresse de colère et pousse en fin un cri terrible qui fait fuir tous les laminak)

BASAJAUN : - Que se passe-il ? J'ai crié et ils se sont tous enfuis ? (les laminak reviennent)

LAMINA : - C'est que tu nous as fait peur.

BASAJAUN : - Mais alors, j'ai retrouvé mon pouvoir ? Je fais de nouveau peur !

LAMINA : - Oui Basajaun, il suffisait d'y croire !

BASA JAUN : - (dansant de joie) Je fais peur, Je fais peur ! C'est grâce à vous mes amis, désormais les laminak n'auront plus rien à craindre de Basajaun.

LAMINA : - Que tu dis, j'ai eu une de ces trouilles !

BASA JAUN : - Qu'importe, Basa-jaun est reconnaissant et vous devez trouver le remède de

Mari, alors Basajaun veillera sur vous.

(On entend au loin la battue qui revient)

LAMINA : - C'est la battue qui revient ! Basajaun, sauve-toi !

BASA JAUN : - Me sauver ? Pas question car je leur réserve un hurlement qui les terrorisera jusqu'à leur mort !(il disparaît en criant)

LAMINA : - Et voilà, nous avons sauvé Basa-jaun mais Mari est toujours souffrante.

LAMINA : - Alors continuons et avançons dans la forêt, tous ensemble, Guillén !

LAMINAK : - (ensemble) Tous ensemble, Guillen !

 

(Plus tard dans la forêt)

 

NARRATEUR : - Cela fait plusieurs heures que les laminak progressent dans la forêt. N'ayant toujours rencontré aucune créature, ils décident de se reposer un peu.

 

LAMINA LAMINA LAMINA LAMINA LAMINA LAMINA LAMINA LAMINA LAMINA LAMINAK

 

 

LAMINA : - Ouf ! Je ne sens plus mes jambes !

LAMINA : - Et moi mes pieds sont tellement lourds, qu'ils s'enfoncent d'eux même dans le sol !

LAMINA : - Le soleil est haut et nous n'avons toujours pas rencontré âme qui vive !

LAMINA : - Il nous faudra bien trouver ce satané remède !

LAMINA : - Si nous savions quel est ce mal dont souffre Mari !

LAMINA : - (Soudain) Ecoutez ! Vous n'entendez rien ?

LAMINA : - Et bien, Guillén, tu entends des voix ? C'est la fatigue.

LAMINA : - Chut ! Tais-toi, il a raison, le sol tremble !

LAMINA : - Le sol tremble, la forêt retentit, mais alors Tartaro n'est pas loin ?

LAMINAK : - (ensemble) Tartaro ???

 

(Tartaro entre alors surprenant les laminak)

 

TARTARO : - Qui est là ? Qui ose déranger Tartaro pendant son sommeil ?

LAMINA : - Qu'est-ce qu'on fait ?

LAMINA : - Fuyons ! Il va nous dévorer !

LAMINA : - Nous ingurgiter !

LAMINA : - Nous digérer !

LAMINA : - Silence ! Il sait peut-être des choses sur la maladie de Mari !

LAMINA : - Tartaro, c'est nous les laminak ! Nous ne voulions pas te déranger dans ton sommeil ! Nous nous en excusons !

TARTARO : - Savez-vous, imprudents laminak, que ma sieste est sacrée !

LAMINA : - Nous le savions, mais nous voulions te rencontrer !

LAMINA : - (tout bas au précédent) Tu mens ?!

LAMINA : - Bien obligé si nous ne voulons pas finir dans son ventre !

TARTARO : - C'est d'accord, mais je dois remplir mon estomac avant de parler, sinon ma tête ne pourra pas réfléchir !

 

(À ces mots Tartaro s'avance)

 

LAMINA : - Ton plan, Guillen, est loupé !

LAMINA : - Nous allons quand même finir dans son gosier !

LAMINA : - Oh non ! H faut faire quelque chose !

LAMINA : - Oui, moi, je sais, retourner à la maison !

 

(Affolés les laminak se recroquevillent et à leur grand étonnement, Tartaro saisit une branche d'arbre et commence tranquillement à en dévorer les feuilles.)

 

LAMINA : - Ça alors ! Tartaro mange des feuilles !

LAMINA : - C'est une hérésie ou un mirage ?

LAMINA : -Tartaro a toujours mangé de la viande fraîche !

LAMINA : - C'est le monde à l'envers !

TARTARO : - Je sais ce que vous pensez, mes laminak, mais Tartaro n'aime plus la chair fraîche, il n'y trouve plus de goût. Alors sa tristesse est grande et il ne peut se contenter que de maigres feuilles.

LAMINA : - Lui aussi est triste comme Mari avec sa maladie !

TARTARO : - Mari ? Maladie ? Mari est malade ?

LAMINA   - Et oui, mon pauvre ami, elle souffre d'une tristesse chronique.

LAMINA   - Les médecins sont impuissants !

LAMINA   - Nous sommes chargés de trouver la cause et le remède.

TARTARO : - Je ne sais de quelle maladie souffre Mari, ni quel génie malin m'a fait perdre le

goût de la chair fraîche. Oh ! Que je suis malheureux !

LAMINA : - (à part aux autres) Ne bougez pas, je crois que j'ai trouvé le moyen de redonner l'appétit à Tartaro. (Il sort)

LAMINA : - Hé ! Guillén, où vas-tu ?

LAMINA : - Lâcheur ! Il ruse pour nous laisser seuls avec ce monstre !

LAMINA : - Froussard !

LAMINA : - Couard ! Peuh ! Cervelle de triton !

LAMINA : - Mais non ! Regardez, il revient !

(Le lamina entre avec une plante à la main)

LAMINA : - (au Tartaro) Tartaro, regarde ! Je t'amène une plante qui a le goût de la chair fraîche. Ou préfères-tu ce gigot tout frais à la place ! ?

TARTARO : - Tartaro veut goûter à la plante ! Tartaro veut goûter à la plante !

LAMINA : - D'accord, d'accord ! Calme-toi, approche que je te la donne !

(Tartaro dévore la plante et pris soudain d'une crise d'étouffement, se saisit du gigot et le mange, comme pour se soulager)

LAMINA : - (à part) Que lui as-tu fait ? Il est fou ?

LAMINA : - Je lui ai donné simplement de la mandragore. Tartaro craint cette plante et pour se soulager il est obligé de manger de la fraîche. Regardez, il aime ça, de nouveau !

LAMINA : - Ingénieux !

LAMINA : - Spirituel !

LAMINA : - Redoutable ! Et bien, Tartaro, tu as l'air d'apprécier de nouveau la viande fraîche ? TARTARO : - Mais, c'est vrai, je mange de nouveau de la chair fraîche ! De la viande fraîche ! Oh ! Il m'en faut encore. Tartaro a faim, approchez laminak, approchez !

LAMINA : - Oh ! Non ! Son appétit se retourne contre nous !

LAMINA : - Qu'allons-nous devenir ?

(Tout à coup apparaît Alano, le chien de Tartaro)

ALANO : - Stop ! Arrête ! Arrête de suite, vieille baderne ! Stupide grossièreté, erreur de la nature ! Les laminak te sauvent et toi tu veux les dévorer ! Imbécile !

TARTARO : - Mais Tartaro a faim !

ALANO : - Tais-toi, crétin, tu devrais les remercier ! Allons excuse-toi !

TARTARO : - Tartaro est désolé ! Tartaro vous demande pardon !

LAMINA : - Merci Alano ! Sans toi nous passions tous à la casserole.

ALANO : - De rien mes amis ! Alors, comme ça, vous cherchez le remède qui pourra guérir Mari ?

LAMINA : - D'abord, nous voulons trouver la cause !

ALANO : - Je ne peux vous aider, mais vous devriez demander à l'ami de Mari.

LAMINA : - Herenssugue ! Le serpent ?!

ALANO : - Bien sûr ! Il peut très bien savoir ce qui se passe et connaît Mari mieux que personne !

LAMINA : - II a raison ! Il nous faut trouver Herenssugue !

LAMINA : - Ne perdons pas de temps ! En route !

LAMINA : - Adieu Alano ! Adieu Tartaro ! (ils sortent)

ALANO : - Adieu et bonne chance !

TARTARO : - Adieu, mes Laminak ! Tartaro ne mangera plus de laminak, c'est promis !

(Noir)

NARRATEUR : - Plus tard, dans l'après-midi, nos amis cherchent encore et encore une trace du serpent Herenssugue. Cette mission commence à être longue et la petite troupe est très fatiguée.

LAMINA : - Non, non, je vous en prie, Guillén, il faut nous reposer sinon nous allons tous mourir de fatigue.

LAMINA : - II nous faut continuer, au contraire, sinon Mari périra et toute la noire forêt avec elle !

LAMINA : - Et toutes les créatures fantastiques aussi !

LAMINA : - Et nous avec !

LAMINA : - Mais où peut bien se cacher Herenssugue ?

LAMINA : - Dans sa caverne, il n'y était pas !

LAMINA : - Sous la terre il n'y était pas non plus !

LAMINA : - Et sous la montagne aucune trace non plus !

LAMINA : - Herenssugue, pour l'amour de Mari, montre-toi !

LAMINA : - Ne sentez-vous pas comme une drôle d'odeur ?

LAMINA : - Une odeur de souffre !

LAMINA : - Cette odeur me rappelle quelque chose, mais ce n'est pas Herenssugue !

(C'est alors que Tchalgorri, le taureau rouge fait son apparition)

LAMINA : - Ciel ! Tchalgorri que fait-il dans le monde des hommes ?

LAMINA : - II n'y a pas sa place ! ?

LAMINA : - Hé regardez ! Quelle est cette danse étrange qu'il pratique ?

LAMINA : - On le croirait piqué par une vilaine mouche !

TCHALGORRI : - (hurlant de douleur) A moi, au secours, je brûle, je brûle, faites quelque chose ! Au secours, le feu, c'est le feu !

LAMINA : - Et depuis quand Tchalgorri craint-il le feu ?

LAMINA : - Ne serait-ce point une ruse de ta part, taureau malin ?

TCHALGORRI : - Non, c'est la vérité ! Il faut me croire, laminak, au secours je brûle, je brûle, le feu c'est le feu !

LAMINA : - (à part aux autres) Si nous l'aidons, peut-être nous indiquera-t'il l'endroit où se trouve Herenssugue !

LAMINA : - Et s'il nous trompe ?

LAMINA : - Nous le bannirons en enfer, une fois pour toutes !

LAMINA : - Le seul moyen de le soigner est d'utiliser à la fois un élément qu'il crain mais qui pourrait le soulager...

LAMINA : - Comme l'eau...?

LAMINA : - Exact, Guillen ! Et un autre qui lui redonnerait son affinité avec le feu...

LAMINA : - De l'eau, oui, mais bouillante...

LAMINAK : - (tous ensemble) De l'eau bouillante pour Tchalgorri ! De l'eau bouillante pour Tchalgorri !

NARRATEUR : - Et les laminak s'exécutèrent en faisant bouillir de l'eau dans un énorme chaudron. Pendant ce temps Tchalgorri continuait inlassablement sa danse étrange. Enfin l'eau prête et bien bouillante, les laminak plongèrent le taureau rouge dans le chaudron et tout alla beaucoup mieux pour lui.

TCHALGORRI : - Oh, merci, mes amis, je vous suis reconnaissant. Le feu ne me provoque plus de douleur.

LAMINA : - Mais qu'est-ce qu'il t'a pris de danser comme ça ?

TCHALGORRI : - C'est ce maudit serpent avec ses pouvoirs...

LAMINAK : - (ensemble) Un serpent ????

TCHALGORRI : - Oui, il voulait me punir d'être monté trop vite à la surface de la terre depuis les enfers avant que Mari ne soit vraiment éteinte !

LAMINA : - Quoi, tu étais au courant et tu n'as rien dit à personne ?

LAMINA : - Mécréant qui connaît la vérité et qui, peut être a provoqué la maladie dont souffre notre reine !

LAMINA : - Mais c'est vrai ça, pour qui nous prend-il ce veau mal léché ?

TCHALGORRI : - Je vous en prie, pas d'injures entre nous...

LAMINA : - C'est toi l'injure, en venant sous notre barbe, rendre malade notre déesse éternelle !

TCHALGORRI : - II y a une méprise, nous n'avons rien provoqué aux enfers, nous ne savons même pas d'où provient la tristesse de Mari, je vous jure, c'est Herenssugue qui m'interdit l'accès au monde des vivants, c'est tout...

LAMINA : - Herenssugue ? Où est-il ?

LAMINA : - Réponds ou nous te labourons le visage !

TCHALGORRI : - Pitié ! Pas le visage ! Il est non loin, à la grande clairière, il vous attend, il sait que vous deviez venir, les médecins l'ont prévenu, je vous en prie ne me faites pas de mal...

LAMINA : - J'espère pour toi que tu nous dis la vérité sinon...

TCHALGORRI : - C'est la vérité, pitié, pitié ! !

LAMINA : - C'est bon pour cette fois-ci, à présent retourne en enfer et ne revient plus par ici...

NARRATEUR : - Enfin Tchalgorri disparut définitivement. Et nos amis se dirigèrent vers la grande clairière. Herenssugue, le serpent ami de Mari, les attendait.

LAMINA : - Nous voici au lieu dit!

LAMINA : - Herenssugue n'est pas là !

LAMINA : - II nous faut le prévenir de notre visite !

LAMINA : - (criant les uns après les autres) Herenssugue ! Herenssugue !

LAMINA : - Silence, je sens sa présence ! Il arrive !

(En effet le serpent à trois têtes fait son apparition)

HERENSSUGUE : - Enfin, laminak, vous voilà, je vous attendais...

LAMINA : - Nous sommes inquiets pour Mari, sais-tu quelque chose sur sa maladie ?

HERENS SUGUE : - Je sais seulement que sa souffrance a été provoquée par ses deux fils qui sont gardés maintenant par la sorcière des montagnes. Vous les trouverez chez elle. Je sais aussi que son mal provoque chez nous tous des déformations.

LAMINA : - C'est ce que nous avons remarqué chez Basa-jaun...

LAMINA : - Et chez le Tartaro aussi...

HERENSSUGUE : - Et chez moi aussi, mes têtes n'en font qu'à leur tête, elles ne sont

plus une seule mais trois à la fois...

HERENSSUGUE 1 : - Que tu dis menteur, c'est moi la vraie tête pensante des trois...

HERENSSLIGUE 2 : - Mensonge ! C'est moi qui contiens le vrai cerveau d'Herenssugue et non toi...

HERENSSUGUE 1 : - Tais-toi usurpateur, tu ne sais pas ce dont tu parles et tu inventes...

HERENSSUGUE 2 : - Traître ! Je te maudis !

HERENSSUGUE : - Silence, tous les deux ! Vous voyez, ce n'est plus vivable !

LAMINA : - Que pouvons-nous f aire pour t'aider Herenssugue ?

HERENSSUGUE: - Hélas,  rien ! Vous devez soigner Mari en demandant à ses fils pourquoi elle est malade. Eux seuls le savent. Mais je vous en prie, faites vite, le temps est compté et Mari n'en a plus pour longtemps. Elle s'épuise et perd ses forces peu à peu, je le sens.

LAMINA : - Nous partons de suite trouver la sorcière et nous parlerons aux fils de Mari.

LAMINA : - Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir...

LAMINA : - Nous te le jurons...

LAMINAK : - (ensemble) Car nous sommes des laminak. Poilus dessus, poilus dessous. Nous sommes des laminak et par dessus et par dessous ! (ils sortent)

HERENSSUGUE : - Bonne chance, braves laminak !

HERENSSUGUE 1 : - Oui et vous verrez que c'est moi la vraie tête...

HERENSSUGUE 2 : - C'est cela et vous comprendrez que les autres ont torts car c'est moi vraiment, la pensée d'Herenssugue...

HERENSSUGUE : - Nous n'en sortirons jamais !

NARRATEUR : - Les laminak, pressés par le temps et désireux de soigner le plus rapidement possible leur reine, approchent à présent de l'antre de la sorcière. Pour évita d'éveiller l'attention de celle-ci, ils restent cachés un moment.

SORCIERE : - (préparant une potion) Par le feu , par le sang et par tout ce qui jaillit des entrailles de la terre, par le feu, par le sang et par les démons de l'enfer, je soigne cette potion qui, d'une part et d'autre éloignera de Mari ses enfants désunis et désormais fera, par le feu, par le sang, de moi, la maîtresse de Mari...

LAMINA : - Elle est folle, elle veut prendre le pouvoir de Mari et régner sur la noire forêt !

LAMINA : - Qu’allons-nous faire ?

LAMINA : - II faut l'empêcher de mener à bien son plan diabolique.

LAMINA : - Et lui retirer des mains, cette potion...

LAMINA : - Faudrait-il, encore, savoir pourquoi les fils de Mari sont désunis...

LAMINA : - Regardez, elle s'en va !

LAMINA : - II faut profiter de cette occasion pour parler aux fils de Mari...

LAMINA : - Ils sont là, je les vois...

LAMINA : - Bien, vous, allez chercher dans cet amas de fioles, la potion qu'elle compte utiliser et nous allons ensemble parler aux fils...

(Les deux groupes se séparent)

LE FILS DU BIEN : - Qui est là ? Qui vient par ici ?

LAMINA : - C'est nous, les laminak. Pourquoi es-tu séparé de ton frère et quelle est cette dispute dont parle la sorcière ?

LE FILS DU BIEN : - Mon frère et moi nous nous sommes disputés tant et si bien que nous avons provoqué notre séparation et tout ce qui est bien ne va plus avec le mal et tout ce qui est mal ne va plus avec le bien...

LAMINA : - Vous auriez dû savoir que l'un sans l'autre ne fait pas la vie et que votre séparation provoquerait la souffrance de votre mère, déesse de toutes choses vivantes.

LE FILS DU BIEN : - Que faire pour guérir notre mère ?

LAMINA : - Vous devez vous réconcilier et par là ne faire plus qu'un..

LAMINA : - Comme avant...

LAMINA : - Comme toujours...

LAMINA : - (au fils du mal) Et toi es-tu d'accord pour te réconcilier avec ton frère et tout deux ne faire qu'un, comme avant, comme toujours,...

LAMINA : - Guérir votre mère et sauver le royaume ?

LE FILS DU MAL : - Je le voudrais bien mais ne le peut car la sorcière me tient sous son pouvoir maléfique par la haine qui est en moi et je ne pourrais m'en délivrer que si mon frère le fait par amour...

LAMINA : - Je vois, tu es prisonnier de ta personnalité...

LAMINA : - Si tu ne t'étais pas séparé de ton frère, nous n'en serions pas là !

LAMINA : - (de loin) J'ai trouvé la potion !

LAMINA : - Parfait ! Nous allons faire croire à la sorcière que sa potion n'a aucun effet sur le mal en remplaçant le breuvage par de l'eau...

LAMINA : - Silence ! La voilà qui revient. Allez vous cacher et laissez moi faire.

SORCIERE : - (revenant) Que fais-tu ici, lamina ? Qui t'a permis de déranger mon travail ?

LAMINA : - Le fils du mal, car je suis sa conscience et son génie.

SORCIERE : - Que me racontes-tu là, petit menteur ?

LAMINA : - C'est l'entière vérité et ta potion n'aura aucun effet car les deux fils se sont réconciliés en ton absence.

SORCIERE : - Balivernes ! Prouve le moi !

LAMINA : - Donne-moi ta potion, j'en boirai une goutte !

SORCIERE : - Et bien puisque c'est le seul moyen de te voir disparaître et bien prends le flacon

et bois !

 

(Le lamin boit la potion et rien ne se passe.)

 

LAMINA : - Tu vois sorcière stupide, je suis toujours là et rien n'a changé et rien ne changera...

 

(Devant cela la sorcière s'étrangle et perd tout pouvoir sur les fils de Mari)

 

(Noir)

 

NARRATEUR : - Plus tard les laminak revinrent au chevet de Mari accompagnés de ses deux fils. Mari se portait déjà beau coup mieux.

MEDECIN 1 : - Chers laminak, vous pouvez croire que Mari vous est reconnaissante pour lui avoir rendu ses deux fils. Et nous tous nous sommes fiers de vous car par votre geste vous avez sauvé le pays fantastique de la noire forêt.

LAMINA : - Mais c'est normal, docteur !

LAMINAK : - (ensemble) Car nous sommes des laminak. Poilus dessus, poilus dessous, nous sommes des laminak et par dessus et par dessous !

 

(À ces mots toutes les créatures de la noire forêt entrent en scène pour saluer la guérison de Mari.)


Ces textes sont protégés par les droits d’auteur.

En conséquence avant leur exploitation vous devez obtenir l’autorisation de l’auteur soit directement auprès de lui, soit auprès de l’organisme qui gère ses droits (la SACD par exemple pour la France). Le réseau national des représentants de la SACD (et leurs homologues à l'étranger) veille au respect des droits des auteurs et vérifie que les autorisations ont été obtenues, même a posteriori.