LE BERGER DEVENU HEROS

Publié le par Gianmarco Toto

LE BERGER DEVENU HEROS


(L’action se passe sur la place du
village)

NARRATEUR : II ya très longtemps dans notre pays, la fille d'un roi se mourrait d'une maladie rare. De partout, dit-on, vinrent des médecins des quatre coins du monde mais aucun ne pouvaient la guérir. Plus la princesse était malade et plus les villageois étaient tristes et la rumeur se répandit très vite.

LA BOULANGERE : - (entrant essoufflée) Mes amis, je reviens, à l'instant de porter mes produits au château et devinez quoi ?

LE MARECHAL FERRANT, L'INSTITUTEUR, LE CURE, LE BOUCHER, LE

PECHEUR, LE DOCTEUR ET LA FERMIERE : (tous réunis sur la place du village)

- Non, Quoi ?

LA BOULANGERE : - Et bien, notre roi m'a certifié que notre princesse était de plus

en plus malade !

LE CURE : - Mon dieu, ayez pitié de nous, nous n'en sortirons donc jamais !

L'INSTITUTEUR : - Calmez-vous monsieur le curé, elle n'est pas encore morte et nous

n'avons pas tout essayé. N'est-ce pas, docteur ?

LE DOCTEUR : - Hélas ! Je crains que la médecine ait des ressources plutôt limitées en ce qui concerne le cas de notre princesse. Il est vrai que sa maladie n'est pas commune et que plusieurs médecins de renommée mondiale sont venus diagnostiquer sans grand résultat. Moi-même, j'ai pu suivre leurs soins avec attention, rien n'y fait.

LA FERMIERE : - Moi, je vous dis que c'est l'alimentation de cette petite qui n'est pas

saine. De bons légumes de la ferme, voilà le remède et non pas toutes ces potions

médicales qui sont faites avec on ne sait quoi !

LA BOULANGERE : - Dis donc, la fermière, tu as le caquet bien élevé et mon pain

alors, il n'est pas sain, peut-être ?!

LA FERMIERE : - Mais, je ne parle pas de ton pain !

LE BOUCHER : - De la bonne viande, bien saignante et qui tient au corps,

voilà le vrai remède pour une personne souffrante...

LE CURE : - Mes enfants, je vous en prie, ne vous disputez pas !

LE MARECHAL FERRANT : - Le curé a raison. Il faudrait se tenir un peu dans

le village. Notre princesse est au plus mal et nous, nous sommes là à jacasser comme

des oies !

LE PECHEUR : - Moi, je vous dis que tout ça, c'est la part du diable, c'est un sort qui

lui a été jeté. Depuis quelques nuits, on entend des bruits étranges dans ce village, mais

personne n'ose sortir pour voir. C'est l'œuvre des sorciers, j'en suis sûr !

L'INSTITUTEUR : - Le roi nous a proposé mille et mille fois de nous protéger au sein

même de sa forteresse, qu'avons-nous répondus ? (silence consterné) Et bien, vous

voyez ? Ce n'est pas la peine de vous plaindre à présent.

LE BOUCHER : - Oui, mais c'est au village que j'ai mon étal !

LE MARECHAL FERRANT : - Et moi c'est au village que j'ai ma forge !

LA FERMIERE : - Je ne peux tout de même pas abandonner la ferme !

LA BOULANGERE : - Et le four à pain, tout le village en a besoin, même le roi !

LE CURE : - Mes enfants, ils nous restent à prier Dieu et souhaiter que notre princesse

se porte mieux dans les jours à venir.

 

(Tout le village reprend la rumeur. Entre, alors, Arnaud le berger.)

 

LE PECHEUR : - Et bien, Arnaud, tu délaisses ton troupeau pour nous rendre visite ?

Comment va la montagne ?

LE BERGER : - Elle se porte à merveille et son herbage est toujours aussi bon pour

mes brebis.

LE BOUCHER : - Elle se porte sûrement mieux que notre princesse !

LE BERGER : - Qu'est ce que cela veut dire ? Pourquoi faites-vous ces têtes ?

(Un temps) Quelqu'un va-fil me répondre à la fin ?

L'INSTITUTEUR : - Berger, voilà quelques jours que la princesse est souffrante et

qu'aucun remède n'y fait. Les médecins de tout le pays et d'ailleurs sont impuissants et

l'état de santé de la petite empire.

LE BERGER : - J'en suis triste, car je la trouve bien belle notre princesse. J'en serais, je

crois, malheureux s'il lui venait un malheur.

LE PECHEUR : - Tu n'es pas le seul et tout le village et ses environs sont consternés

par cette nouvelle. J'essaie, pourtant, de faire comprendre à ces pécores que le diab...

LE CURE : (l'interrompant tout bas) - Taisez-vous maladroit, vous savez bien que

notre berger est superstitieux...

LE BERGER : - Que dites-vous curé ? Je croyais que les messes basses n'étaient pas

conseillées aux village ?

LE CURE : - Rien, mon fils, je demandais au pêcheur de ne pas oublier la livre de

poissons que je lui ai commandé tantôt. Je dois vous laisser, l'office commence dans

quelques instants. A plus tard ! (le curé s'éloigne)

LE DOCTEUR : - Et moi, mes malades m'attendent. (il sort)

LA BOULANGERE : - Tu viens la fermière, j'ai ton pain qui doit être prêt à présent !

LA FERMIERE : - Je te suis ! (Elles sortent avec les autres laissant le berger seul avec

l'instituteur)

LE BERGER : - Que se passe t'il, ici, pourquoi tout le monde se tait ? On veut me

cacher quelque chose ?

L'INSTITUTEUR : - Non fiston ! C'est que le pêcheur soupçonne une bande de sorciers

d'avoir jeté un sort à la famille royale et il ne voulait pas t'impressionner.

LE BERGER : - M'impressionner ?! C'est stupide. C'est vous même qui m'avez appris

que ces choses là n'existaient pas et qu'elles faisaient partie de l'imagination torturée des

humains !

L'INSTITUTEUR : - C'est exact, je t'ai dit ça quand tu n'étais pas plus haut que trois

pommes, mais parfois la réalité dépasse la fiction. Crois-moi, petit, nous devons être

vigilants, il se passe des choses étranges ici, très étranges... (Il sort)

NARRATEUR : - Ainsi le berger resta seul avec ses pensées troublées. Il aurait bien aimé trouver un remède à sa princesse mais il se sentait encore plus impuissant que ses amis. Il repartit donc vers les collines rejoindre son troupeau. Plus tard, le soir, le berger se rendit compte qu'il manquait une brebis à son troupeau. Il repartit vers le village pour se reposer de sa longue marche et quelque chose de très singulier se passa.

LE BERGER : - C'est tout de même incroyable ! Il faut toujours qu'une de ces brebis

étourdies s'égare sans prévenir. Mon pauvre Arnaud, c'est encore une nuit blanche que

tu vas passer... (Un tapage énorme retentit dans la campagne)

Par tous les anges du ciel, qu'est-ce que c'est que ce vacarme ? On dirait que la

montagne va s'écrouler. C'est un groupe de personne qui se rapproche ! A cette heure

tardive de la nuit ce n'est pas le moment de festoyer ! Cachons-nous on ne sait jamais.

(Il sort)

 

(S’avance alors une troupe de sorciers)

(Le grand sorcier se trouve au milieu)

LE GRAND SORCIER : - C'est, enfin, cette nuit que nous allons accomplir notre dernier sortilège. Que les esprits magiciens soit avec nous !

LES SORCIERS : - (ensemble) Que les esprits magiciens soient avec nous !

LE GRAND SORCIER : - Toi, Katero, qu'as-tu préparé pour assouvir ta soif de

vengeance ?

KATERO : - J'ai, ô maître des sorciers, préparé une potion, qui de la boulangère,

transformera les bras en baguettes de pain au levain. Ainsi, par ce sortilège, elle sera

boulangère et boulange à la fois et ne pourra plus mettre la patte à la farine et au

moulin.

LE GRAND SORCIER : - Que ta volonté soit faite ! Et toi, Hamala, qu'as-tu

manigancé pour assouvir ta haine ?

HAMALA : - J'ai, ô maître des sorciers, transformé la tête de la fermière en citrouille

orangée. C'est une poudre aux pouvoirs de métamorphose légumineuse qui m'a été

inspiré par un chamane hindou. Ainsi, partout où la femme ira, elle inspirera la honte et

la moquerie.

LE GRAND SORCIER : - Que ta volonté soit faite ! Et toi, Ninika, quel est le sort que

tu as conçu pour désaltérer ta soif du mal ?

NINIKA : - Mon sort, ô maître des sorciers, s'est abattu sur le boucher. Il a fait de lui

un homme à tête de veau qui sera la risée et l'horreur de tout badauds. Ainsi, lorsqu'il

découpera une viande, il aura le chagrin de la bête et les douleurs que son hachoir lui

inflige.

LE GRAND SORCIER : - Que ta volonté soit faite ! Et toi, Katalin, qu'as-tu préparé

pour annihiler ton prochain et jouir de tes méfaits ?

KATALIN : - J’ai, ô grand maître des sorciers, placé une tête de bourrique à la place de

celle du maréchal ferrant. De plus, la poudre que je lui ai donnée, l'obligera à crier

comme un âne à chaque émotion forte qu'il ressentira. Ainsi tous les baudets de la

région pourront le suivre et se moquer au seul cri de leur nouveau compagnon.

LE GRAND SORCIER : - Que ta volonté soit faite ! Quel dévolu as-tu jeté pour calmer

ton hardie méchanceté, Peyuco ?

PEYUCO : - J'ai, ô grand maître des sorciers, transformé le pêcheur en péché et quand les gens du village verront sa tête de poisson-lune, ils riront mais ils riront a en étouffer. Tel est le sort que j'ai jeté.

LE GRAND SORCIER : - Que ta volonté, aussi, soit faite ! Chacun de vous a bien travaillé et sachez que pour punir le roi, j'ai, moi, maître des sorciers, rendu malade sa fille et qu'avec la mort de cette dernière tout le village sera damné. Je vous rappelle que vous ne devez en aucun cas laisser une pousse d'ortie dans les environs : son bouillon pourrait guérir la princesse et détruire notre malédiction. Faites disparaître toutes les bouquets d'orties que vous trouverez. Ainsi s'accomplira notre œuvre et pour l'éternité.

NARRATEUR : - Ainsi, le berger fut témoin de l'ignoble complot dressé contre le

village et ses habitants. Terrorisé, il s'enfuit pour alerter tout le monde. Pendant le reste

de la nuit, le sabbat fit rage et les sorciers dansèrent et festoyèrent jusqu'au lever du

jour.

Le lendemain le berger rencontra l'instituteur.

LE BERGER : - (visiblement essoufflé) Instituteur ! Instituteur ! Attendez, attendez !

Il faut que je vous parle !

L'INSTITUTEUR : - Et bien, mon ami où cours-tu ainsi ? On croirait que tu as le

diable aux trousses !

LE BERGER : - C'est ce qu'il m'est arrivé... Ouf!... Je n'en puis plus !...

L'INSTITUTEUR : - Reprend tes esprits et calme-toi, voyons, je t'écoute.

LE BERGER : - Voilà... Oh! Mon dieu, c'est horrible!...

L'INSTITUTEUR : - Vas-tu me dire à la fin ce qui se passe ?

LE BERGER : - Oui, oui, voilà, hier soir en rentrant à la bergerie et en comptant mes

brebis avant de les parquer, je me suis aperçu qu'il en manquait une. Sur ce fait,

j'enferme mon troupeau et cours chercher l'animal égaré. Arrivé au village en voulant

me reposer un peu, j'ai entendu un vacarme assourdissant s'approcher de moi et pour ne

pas me faire voir, croyant à une quelconque armée, je me suis caché non loin de là. Et

j'ai vu... Vous n'allez pas en croire vos oreilles... Oh! Mon dieu, c'était terrifiant...

L'INSTITUTEUR : - Vas-tu terminer à la fin ?! La suite, la suite, raconte !

LE BERGER : - J'y arrive ! J'ai vu arriver une troupe de sorciers malfaisants qui

entamaient un sabbat. Ils jetaient des sorts à tout va sur tout le village. Ils ont rendu la

plupart des villageois monstrueux et si la princesse est malade c'est aussi de leur faute.

L'INSTITUTEUR : - Que me racontes-tu là ? Arnaud, n'aurais-tu point un peu trop

abusé du vin de pays ces derniers temps ?

LE BERGER : - Si vous ne me croyez pas, alors qui me croira ? Il faut faire quelque chose pour sauver le village et si vous voulez des preuves, vous les aurez...

(Entre alors la fermière à la tête de citrouille)

LA FERMIERE : - Et bien, monsieur l'instituteur, vous êtes bien matinal. Y aurait t'il

du nouveau ?

L'INSTITUTEUR : - (avec effroi) Oh, seigneur ! Quelle horreur !

LE BERGER : - Qu'est-ce que je vous disais !

LA FERMIERE : - Qu'est-ce qui se passe, pourquoi me regardez-vous ainsi ?

L'INSTITUTEUR : Votre tête est une citrouille !

LA FERMIERE : - Je vous demanderais d'être aimable je vous prie, on n'a jamais vu

pareille incorrection, vieux grigou !

L'INSTITUTEUR : - (horrifié) Une citrouille !

LA FERMIERE : - Encore ?! Malotru ! Je vais vous apprendre les belles manières,

moi!

LE BERGER : - C'est la vérité, madame. J’ai un petit miroir dans ma sacoche. (Il sort un miroir.) Regardez et vous comprendrez.

LA FERMIERE : - Oh, ciel que m'arrive t'il ! (Elle s'effondre évanouie)

L'INSTITUTEUR : - Oh, non ! Nous voilà avec une citrouille évanouie à présent !

Qu'allons-nous faire ?

LE BERGER : - Attendre la suite.

L'INSTITUTEUR : - Quelle suite ? Ce n'est pas fini ?

LE BERGER : - Non, voici le boucher qui arrive !

LE BOUCHER : - Bonjour à tous ! Il fait bon ce matin.

L'INSTITUTEUR : - Horreur, une tête de veau !

LE BOLICHER : - J'ai cru mal entendre, vous m'avez traité de tête de veau ! Quelle

audace !

LE BERGER : - II a raison vous avez une tête de veau.

LE BOUCHER : - Toi, aussi le berger, tu oses m'insulter ?

LE BERGER : - (lui tendant le miroir) Regardez-vous plutôt !

L'INSTITUTEUR : - Et la fermière à une tête de citrouille.

LE BOUCHER : - (tétanisé) Je crois que je vais me sentir mal, c'est mon cœur, je vais

mourir, à l'aide, au secours ! (il s'effondre)

L'INSTITUTEUR : - Vite, il a une attaque, il faut du secours !

LE DOCTEUR : - (entrant accompagné du curé) Quel est ce vacarme ? Vous en faites

du bruit ce matin !

LE CURE : - (découvrant la fermière et le boucher) Seigneur, quelles sont ces

monstruosités ?

LE BERGER : - L'œuvre des sorciers. Vous aviez raison, ils ont jeté un sort à tout le

village.

L'INSTITUTEUR : - Vite ! Aidez-moi le boucher à eu un malaise.

LE DOCTEUR : - C'est son cœur, le pauvre homme a dû avoir un choc !

LE BERGER : - Tu m'étonnes se lever de bon matin avec une tête de veau...

LE CURE : - Mon fils ce n'est pas le moment !

LE BERGER : - Pardon curé !

(Entre le maréchal ferrant et le pêcheur)

LE MARECHAL FERRANT : - Quel attroupement! Peut-on savoir ce qui se passe ?

(Tout le monde pousse un cri en voyant la tête de bourrique du maréchal ferrant)

LE CURE : - Une tête de bourrique !

LE MARECHAL FERRANT : - Dites donc curé, ce n'est pas dans vos habitudes

d'insulter les fidèles !

LE PECHEUR : - C'est vrais ça, curé, faudrait voir à rester poli !

LE CURE : - Et une tête de morue !

LE PECHEUR : - Hé, le curé, mesure tes paroles sinon...

LE BERGER : - Silence ! (tendant le miroir à tous) Regardez ! Regardez-vous !

Voyez ce qui nous arrive, voyez notre stupidité et notre couardise, elles nous ont coûté

cher. Si nous avions eu un peu de bon sens, nous aurions empêché ces sorciers de jeter

leur malédiction sur tout le village et nous aurions sauvé notre princesse. Mais que

faisons-nous à la place ? Nous pleurons de nouveau sur notre sort.

LA BOULANGERE : - (entrant en montrant ses bras devenus baguettes de pain.) Et voyez ce qu'ils ont fait de moi !

TOUS : - Silence !

L'INSTITUTEUR : - Termine berger ! Que faut-t'il faire ?

LE BERGER : - J’ai entendu le grand sorcier leur donner l'ordre d'arracher toutes les

orties des environs car si la princesse venait à en manger le bouillon, elle serait sauvée et

le village aussi. Alors voilà ce que nous allons faire : je me propose de cuisiner un

potage avec tous les ingrédients nécessaires en commençant par les orties...

LE DOCTEUR : - Où trouver des orties maintenant ?

LA FERMIERE : - J'en ai toujours une réserve à la maison pour les fièvres, celles là,

du moins, ils ne les prendront pas !

LE BERGER : - C'est parfait, fermière, et amène moi, aussi, de bons légumes pour le

potage. Toi, le boucher, tu découperas les meilleurs morceaux de viande et de graisse

pour le goût. Toi le pêcheur, apporte-moi le poisson frais du jour et toi le maréchal

ferrant nous allons chercher ensemble le gros chaudron qui se trouve dans ta remise, il

nous servira de soupière pour tout le village. Toi, le curé, va prévenir le roi et sa fille

que nous avons le remède et raconte toute l'histoire. Et maintenant que dieu nous vienne en aide...

NARRATEUR : - Tout le village se mit au travail et l’énorme potage fut prêt à servir. On fit boire d'abord, la princesse qui guérit très vite et tout le village fit bonne chair et bon souper. Ainsi, la malédiction fut levée et les sorciers ne purent jamais finir leur ouvrage diabolique. Pour remercier le berger, le roi nomma ce dernier, son successeur unique et notre brave Arnaud épousa la princesse. Ils vécurent ainsi, au comble du bonheur, Dieu sait durant combien d'années.

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