MAUVAISES GRAINES

Publié le par Gianmarco Toto

Voici plusieurs saynètes amusantes de théâtre pour enfants capricieux, insolents, frondeurs, malicieux, courageux, peureux, etc : ces "mauvaises graines" que nous rencontrons dans la cour ou sur les bancs de l'école. Des sketches courts fait pour la classe ou les ateliers d'initiation au théâtre afin d'apprendre et s'amuser à jouer.

MAUVAISES GRAINES

DANS LA COUR DE RECREATION

APPARENCE TROMPEUSE

(Deux filles devant la porte des toilettes dans la cour de récréation Elles font le bilan des nouveaux venus de la rentrée scolaire.)

Fille 1 : - Ben dis-donc ! T’as vu la dégaine des nouveaux ?

Fille 2 : - Ouais ! Ce n’est pas terrible !

Fille 1 : - Ca fait pitié, tu veux dire !

(Une fille, un peu perdue, s’arrête au milieu de le cour.)

Fille 1 : - (Pouffant de rire.) Non, mais tu as vu celle-là ?

Fille 2 : - La tête de la première de la classe.

Fille 1 : - On dirait ma tante Berthe, tu veux dire… (Rires)

Fille 2 : - Trop la honte… Regarde les chaussettes ! (Rires)

Fille 1 : - Complètement « bisu »… Et tu as vu la jupe ? Plus ringard, tu meurs…

Fille 2 : - Je sens qu’on va bien rigoler…

(Un garçon, à l’air tout aussi emprunté, rejoint la fille qui l’attendait.)

Fille 2 : - Non, ce n’est pas vrai. Alors là, c’est le pompon ! Regarde-moi ce look de papi ! (Rires)

Fille 1 : - En plus, ils se connaissent apparemment… (Rires)

Fille 2 : - Qui se ressemble… (Rires)

Fille 1 : - Ouais. On va les marier ces deux là !!! (Rires)

(Le garçon et la fille empruntés jettent un œil à droite puis à gauche et soudain disparaissent dans les mêmes toilettes Les deux filles qui se moquaient sont estomaquées.)

Fille 1 : - La vache ! Celle-là, je ne m’y attendais pas.

Fille 2 : - Et moi donc…

Fille 1 : - Non mais je rêve ! Qu’est-ce que tu crois qu’ils fichent la dedans tous les deux ?

Fille 2 : - Attend ! On va se rapprocher pour écouter.

(Elles se rapprochent de la porte des toilettes et collent une oreille.)

Fille 1 : - Tu entends quelque chose ?

Fille 2 : - Rien. Ca remue c’est tout.

(Soudain des vêtements tombent sur le haut de la porte des toilettes.)

Fille 1 : - Regarde ! Regarde ! J’hallucine.

Fille 2 : - C’est quoi ce plan ?

(Les vêtements qui se trouvaient sur le haut de la porte disparaissent. La porte s’ouvre complètement et laisse apparaître la fille et le garçon. Elle porte un Jean's troué à présent, des tennis et un blouson noir. Elle affiche une expression très assurée. Le garçon, lui aussi, est vêtu d’un Jean's et d’un blouson noir, il porte des mitaines en cuir et affiche un air méchant de petit dur.)

(Le garçon s’adresse aux filles 1 et 2 qui se moquaient et qui ne rient plus du tout à présent.)

Le garçon : - Qu’est-ce qu’elles ont les deux quiches ? Elles veulent ma photo ?

(Les  filles 1 et 2 s’enfuient très vite.)

TEL EST PRIS…

(La fille et le garçon en blouson noir, se posent au milieu de la cour et surveillent les environs.)

La fille : - OK ! A nous le territoire à présent.

Le garçon : - Ca va chauffer ! C’est moi qui te le dis !

La fille : - A l’aise… On va faire un vrai massacre !

Le garçon : - C’est du tout cuit, frangine !

La fille : - C’est dans la poche, frangin !

(Un autre garçon, plutôt timide, s’approche. Il n’a pas vu les deux autres.)

Le garçon : - Tu vois le gars, là ?

La fille : - Ouais !

Le garçon : - Et bien, qu’est-ce que tu attends ? C’est une proie facile, pour toi…

La fille : - A l’aise… Tu vas voir ce que tu vas voir…

(La fille s’approche du garçon isolé pendant que son complice fait le tour par derrière.)

Le garçon : - (En lui faisant signe discrètement.) Vas-y attaque !

La fille : - (Elle aborde le garçon isolé.) Salut ! Je ne te connais pas, toi. Tu es nouveau, ici ?

Le garçon timide : - (Visiblement impressionné par la fille.) Ben, heu ! (Rire idiot) Avant, j’étais… Heu… (Rire idiot) …dans une autre école, quoi…

Le garçon : - (Surprenant par derrière le garçon timide.) Et bien, tu aurais du y rester. (Lui prenant son sac.) Passe-moi ça ! (Menaçant le garçon timide en jetant le sac à la fille.) Bouge-pas ou je te colle un pruneau…

La fille : - (Fouillant le sac.) Cool. Des bonbons, des gâteaux et… On a décroché le gros lot : du fric !

Le garçon : - Combien ?

La fille : - Vingt euros.

Le garçon : - (Poussant le garçon timide.) Dégage, maintenant et dis rien à personne, sinon je te choppe à la récré…

(Le garçon timide s’enfuit.)(La fille et le garçon se frappent dans les mains.)

Le garçon : - Cool frangine, t’as assuré…

La fille : - Fais gaffe, il y a une fille qui s’approche. Celle – là, c’est pour toi…

Le garçon : - T’inquiètes, j’assure…

(Une fille, toute vêtue de noir et le teint pâle apparaît.)

Le garçon : - (A la fille.) Salut ! Super ton look !

La fille en noir : - Ce n’est pas mon look ! C’est ma nature…

Le garçon : - (Un peu décontenancé.) Ah ! Ouais ? Et ta nature, va me laisser voir ce qu’il y a dans ton sac, par exemple…

La fille en noir : - Si tu veux. (Elle tend son sac au garçon.)

Le garçon : - (En se saisissant du sac.) T’es cool, toi…

La fille en noir : - Ce n’est pas ce que dit ma mère. Elle dit que je suis lugubre…

Le garçon : - (En plongeant sa main dans le sac.) Ah, ouais ! Tu parles, c’est un style que tu te donnes…

La fille en noir : - Fais gaffe en mettant ta main dans le sac !

Le garçon : - T’occupes. (Retirant vivement sa main du sac.) Aïe ! Quelque chose m’a mordu !

La fille en noir : - C’est mon rat… Je ne m’en sépare jamais…

Le garçon : - Qu’est-ce que tu dis ?

La fille en noir : - C’est mon rat qui t’as mordu. Je l’ai appelé Lucifer. C’est mignon, tu ne trouves pas ?

Le garçon : - (En se suçant le doigt.) Elle est malade cette gonzesse.

La fille en noir : - Ne met pas ta main à la bouche. Quand on a été mordu par un rat, c’est dangereux. Il paraît qu’on peut en mourir.

Le garçon : - Quoi ? Tu ne pouvais pas le dire avant.

La fille : - (En s’approchant du garçon.) Qu’est-ce qui se passe ?

Le garçon : - (En s’enfuyant.) J’ai été mordu par un rat. Je vais mourir, je vais mourir,… Au secours…

La fille : - (Menaçante à la fille en noir.) Et toi, qu’est-ce que tu as fait à mon copain ?

La fille en noir : - Rien. Je l’ai prévenu de ne pas mettre sa main dans mon sac mais il n’a pas voulu m’écouter.

La fille : - T’es malade de te trimbaler avec un rat dans le sac ? C’est dégueu…

La fille en noir : - Mais non. C’est super attachant comme bestiole. Tu veux que je te montre ma tarentule ? Elle s’appelle Joséphine. Elle est mignonne comme tout. (Fouillant dans son sac.) Pousse-toi Lucifer, je vais attraper, Joséphine…

La fille : - (S’enfuyant.) Elle est malade. C’est une malade….

La fille en noir : - (Déçu.) C’est bête. Ils avaient l’air sympas tous les deux. C’est dommage. Les gens ne comprennent rien aux animaux. (Elle s’assoit en boudant.)

TOUT COMME MOI

(Une autre fille en noir, s’approche de la celle qui boudait dans son coin.)

Fille 1 : - Salut ! Qu’est-ce que tu fais toute seule ? Ca ne va pas ?

Fille 2 : - Non. Ca ne va pas. Je n’arrive pas à me faire des copains.

Fille 1 : - Ah, bon ? Comment ça ?

Fille 2 : - Personne ne veut s’approcher de moi. Tout le monde dit que je suis bizarre. Même ma mère, elle dit que je ne suis pas normale.

Fille 1 : - Bof ! Moi, je ne trouve pas.

Fille 2 : - Tu dis ça parce que tu as pitié…

Fille 1 : - Non. Je te jure. J’aime bien comment tu es habillé. C’est un peu sombre mais c’est classe. Moi aussi, je m’habille en noir mais j’ai ajouté un petit foulard rouge autour de mon cou. Je trouve que ça va bien à mon teint…

Fille 2 : - Ah, tu vois ? Toi aussi, tu dis que je suis sombre.

Fille 1 : - Mais non. Je dis que tes habits sont un peu sombres mais pas toi.

Fille 2 : - C’est vrai ?

Fille 1 : - Comme je te le dis. Et puis d’ailleurs, tu sais, les autres disent de moi que je suis sadique, alors…

Fille 2 : - Ben, n’importe quoi. T’as pas l’air sadique. T’es plutôt cool.

Fille 1 : - Oui. Cool, comme ça, en apparence.  Mais en fait, les autres disent ça parce que je fais des choses…

Fille 2 : - C'est-à-dire.

Fille 1 : - Ben, par exemple, tout le monde a un chien, un chat ou un poisson rouge à la maison. Et bien moi, j’ai un serpent, un python… Je l’ai appelé Gustave et je l’ai installé dans ma chambre dans un vivarium mais il sort quand il veut. Parfois il se cache dans mon lit et quand ma mère tombe dessus par hasard, je n’ai jamais compris pourquoi, elle se met à hurler…

Fille 2 : - (Etonnée et contente en poussant son sac vers l’autre fille.) Ca alors ! C’est super ! Regarde ce qu’il y a dans mon sac.

Fille 1 : - (Etonnée et ravie en regardant dans le sac.) Ouah ! C’est cool ! Un rat ! Qu’il est mignon ! Il est tout noir et il est doux !

Fille 2 : - Je l’ai appelé Lucifer. C’est sympa comme nom, tu ne trouves pas ?

Fille 1 : - Ouais ! Ca lui va super bien !

Fille 2 : - Et attend ! Regarde dans la petite poche intérieure…

Fille 1 : - (Ravie et très étonnée.) Ouaaaah ! Une tarentule ! C’est kiffé ! Elle ne pique pas ?

Fille 2 : - Non, elle est super affectueuse ! Elle, je l’ai appelé Joséphine.

Fille 1 : - Mince, regarde, je crois qu’elle veut se battre avec Lucifer !

Fille 2 : - (En se penchant au dessus du sac.) Mais non. Là, ils jouent ensemble.

Fille 1 : - Ah, ouais ! C’est super rigolo !

Fille 2 : - (En plongeant la main dans le sac.) Attends je vais la remettre dans sa poche… Voilà, comme ça, elle sera bien.

Fille 1 : - Ben, tu vois ? T’es pas toute seule. Tu as ton rat, ton araignée et puis, je suis sûre qu’on va super bien s’entendre.

Fille 2 : - C’est vrai. Je suis contente d’avoir fait ta connaissance.

(Les deux filles se lèvent et commencent à s’éloigner.)

Fille 1 : - Et puis, on va pouvoir partager plein de choses. Par exemple, tu as déjà essayé de faire du spiritisme ?

Fille 2 : - Non, mais je voudrais bien. C’est difficile ?

Fille 1 : - Non, tu verras, c’est super simple…

(Les deus filles disparaissent en continuant à bavarder.)

IL N’AIME RIEN

(Un garçon à l’allure lente entre et s’installe au milieu.)

(Un autre garçon, plus vif entre à son tour et rejoint le premier.)

Le garçon vif : - Tu as vu ? C’est super ! Cette année on va faire de l’astronomie. On va s’éclater.

Le garçon lent : - Mouais. Je n’aime pas l’astronomie. Ca me fatigue d’avoir la tête en l’air et puis je n’y vois jamais rien dans la lunette.

Le garçon vif : - Question de réglage. C’est simple. Suffit de trouver la bonne focale. C’est comme quand on observe les oiseaux à la jumelle avec le maître…

Le garçon lent : - Je n’aime pas observer les oiseaux à la jumelle. A chaque fois que j’essaie d’en regarder un, il s’envole. Ca va trop vite…

Le garçon vif : - C’est parce qu’il faut d’abord que tu regardes où est-ce que tu vas pointer ta lunette. Faut viser quoi, c’est comme au stand de tir à la foire. Tu regardes, tu vises et pan !

Le garçon lent : - Je n’aime pas la foire. Il y a trop de bruit, trop de monde et faut toujours attendre deux plombes pour faire un tour d’autos tamponneuses ou de montagne russe. Ca me gave….

Le garçon vif : - C’est parce qu’il faut repérer le manège qui est le plus dispo. Comme ça, tu as moins à attendre et tu ne pers pas ton temps. C’est comme à la cantine, quand c’est la ruée. Tu laisses passer le gros du troupeau et toi tu arrives derrière tranquillement. Et en plus, il y a toujours des desserts qui restent parce qu’au début, ils comptent.

Le garçon lent : - Je n’aime pas la cantine. Ca me prend la tête et en plus, la bouffe elle est dégueu. Et il n’y a jamais assez temps. Moi, j’en suis encore à l’entrée quand tout le monde est au dessert.

(Le garçon vif regarde un temps le garçon lent d’un air découragé.)

Le garçon vif : - Hé ! Tu as vu la sortie scolaire qu’on va faire aussi ? C’est génial, on va aller à la cité de la science.

Le garçon lent : - Je n’aime pas la science, c’est trop compliqué. Faut toujours réfléchir et je n’aime pas réfléchir.

Le garçon vif : - Pas si tu visites, t’a pas à réfléchir, Tu n’as plus qu’à te laisser porté par la visite. En plus, on t’explique tout. C’est super facile. Et puis on aura une séance de ciné 3D. Ca c’est super impressionnant…

Le garçon lent : - Je n’aime pas le ciné 3D. J’y vois jamais rien avec ces lunettes. Au bout d’un moment, ça me fiche la migraine.

Le garçon vif : - Là, ce n’est pas comme au cinéma. Ils sont super au point et en plus, ils ont installé des effets de vibrations, la salle bouge avec le film et même le fauteuil sur lequel t’es assis.

Le garçon lent : - Je n’aime pas quand ça remue. Ca me fiche le vertige et après j’ai des nausées.

(Le garçon vif ne dit plus rien pendant un fort long temps.)

Le garçon lent : - Ben, pourquoi, tu dis plus rien ? Tu fais la gueule ?

Le garçon vif : - Non, mais je n’aime pas les gens qui aime rien. Ca me fatigue. En plus, ils n’ont jamais rien à raconter et je n’aime pas les gens qui n’ont rien à dire et qui se plaignent tout le temps. Au bout d’un moment, ça me fatigue et puis ils sont lents et il ne se passe jamais rien. En général, c’est à ce moment là que je me lève et que je m’en vais parce qu’ils me fichent la migraine, ces gens là ! (Il se lève et s’en va.)

Le garçon lent : - (Suivant du regard le garçon vif qui sort.) C’est dingue. Il y en a qui sont jamais contents. Je n’aime pas ceux qui ne sont jamais content. Après j’ai plus envie de rien faire.

(Le garçon lent se lève et sort lourdement.)

J’AI PLUS PEUR

(Deux garçons et une fille entrent. Ils sont en grande discussion. )

Garçon 1 : - …Hé ! Tu sais ? Maintenant, je n’ai plus peur de rien…

Garçon 2 : - Ah, ouais ? Pourquoi, tu avais peur avant ?

Fille : - C’est vrai ça. L’année dernière, tu n’avais pas l’air d’être craintif.

Garçon 1 : - Un peu quand même. Je n’ai jamais été très bon en sport collectif parce que j’avais toujours peur de me faire mal. Mais Maintenant, c’est terminé.

La fille : - (Ironique) Quelle transformation ! Je n’aurai jamais cru.

Garçon 2 : - (Ironique) C’est incroyable. Et qu’est-ce qui a bien pu se passer pendant toutes les vacances d’été ?

Garçon 1 : - Et bien pendant ces vacances, à la colo, on a fait du Kung Fu avec un mec génial. Hé, je te jure ! Vandamme à côté, c’est du pipeau.

La fille : - (Faussement impressionnée.) Ouah ! Et ça t’a transformé, comme ça.

Garçon 2 : - Impressionnant. Et là, maintenant, là, tu te sens plus fort ?

Garçon 1 : - Je ne dis pas que si je faisais une mauvaise rencontre avec un T-rex, par exemple, je ne sentirais pas une certaine appréhension, mais un gars qui essaie de m’agresser, même costaud, je me sens capable de le mettre en fuite.

La fille : - Et tu peux nous faire une démonstration ? J’ai envie de voir ça.

Le garçon 1 : - Je n’osais pas vous le proposer. J’avais peur que vous me preniez pour un gros prétentieux. (Prenant la position.) Bon. Là, je vais vous montrer une prise imparable en cas d’agression. (Au garçon 2.) Tiens mets-toi à côté de moi, un peu derrière comme ça. Sinon, tu ne vas pas suivre. (La fille s’avance aussi.) Non, non, ce n’est pas pour les filles.

La fille : - Ah, bon ? Mais pourquoi ? Je suis tout à fait capable de suivre.

Garçon 1 : - Laisse tomber, je te dis. C’est trop dangereux. Tu pourrais te faire du mal. Reste en arrière, c’est mieux pour toi. (Reprenant la pose et s’adressant au garçon.) Donc, tu prends cette position, tu vois ?

La fille : - Ouais. Je vois. Bande de machos. Les filles peuvent pas se battre, quoi. C’est nul.

Garçon 1 : - (Sans se retourner.) Ne te vexe pas. C’est pour ton bien. Je ne voudrai pas être responsable d’un mauvais coup.

Garçon 2 : - T’es dur avec elle. Elle pourrait essayer au moins.

Garçon 1 : - T’occupes. A la colo, les filles ne faisaient pas la même chose que nous. Qu’est-ce que tu crois ? C’est trop risqué…

La fille : - OK ! Ben, bonne séance de Kung Fu. Moi, je me tire.

(La fille tente une sortie mais soudain elle est menacée par la fille et le garçon en blouson noir des premiers saynètes.)

Garçon 1 : - …Ensuite, tu fais ce mouvement là, pour te mettre face à ton agresseur…

La fille : - Hé ! Les garçons. Il y a un problème. Faut faire quelque chose…

Garçon 1 : - (Sans se retourner, s’adressant à la fille avec un air agacé.) Je t’avais prévenu. Alors, maintenant débrouille-toi toute seule.

Garçon 2 : - (Qui n’a rien vu aussi de l’agression.) Attends ! Si elle a un problème, tu devrais l’aider. Ton super maître de Kung Fu, il ne t’a pas expliqué ça ?

Garçon 1 : - Laisse tomber. Avec les filles, c’est toujours la même chose. Elles disent qu’elles sont autant capables que les garçons et dès qu’il y a un soucis, c’est bibi qu’on appelle.

Garçon 2 : - Bon. Laisse tomber. J'ai rien dit. C’est quoi la suite ?

(Pendant que le garçon 1 poursuit la démonstration, la fille subit toujours l’agression des deux voyous.)

La fille : - Hé ! Les garçons, faites quelque chose, j’ai vraiment un problème…

(Puis le garçon 2 se retourne et voit que sa camarade est en danger. Il se précipite à sa rescousse. Derrière le garçon 1 qui poursuit sa démonstration, c’est la bagarre. Le garçon 2 prend un mauvais coup. La fille se bat comme un vrai Ninja mettant en fuite les deux voyous. Le garçon 2, se tenant un œil et la fille, visiblement, énervée, reviennent vers le garçon 1 qui termine sa démonstration.)

Garçon 1 : - …Et là, tu vois, le mec il a aucune chance. (Se retournant vers les deux autres.) Ben, qu’est-ce qui s’est passé ?

La fille : - (Très en colère.) Ton maître de Kung-fu, il n’aurait pas oublié par hasard de t’apprendre à avoir des yeux derrière la tête. (Elle sort avec le garçon 2.)

Garçon 1 : - Incroyable. Je n’ai même pas bougé et il a pris un coup quand même. (Aux autres qui sont déjà sorti.) Hé ! Je ne t’ai pas fait mal j’espère ! Incroyable, ça marche, mec, c’est super efficace… (Il sort.)

EN CLASSE

T’ES PAS LA MEILLEURE

LE GARCON : - (Seul dans la classe, regardant avec découragement une feuille.) Et allez ! La bulle ! Ras le bol de ces maths !

LA FILLE : - (Entrant joyeuse.) C’est génial ! C’est génial ! C’est géniaaaal !

LE GARCON : - Ho ! Ho ! Doucement ! Pourquoi tu hurles ?

LA FILLE : - (Tendant une feuille sous le nez du garçon.) C'est ma note du dernier contrôle de mathématique...

LE GARCON : - Et bien oui et alors ?

LA FILLE : - Et alors, c’est la meilleure note de la classe. J’ai toujours la meilleure note…

LE GARCON : - Content pour toi. C’est tout ?

LA FILLE : - Et tu as vu ma dernière note sur le devoir de français. Super difficile ce devoir…

LE GARCON : - C’est ça. Super difficile. Et alors ?

LA FILLE : - Et alors, j’ai eu la meilleure note de la classe. J’ai toujours la meilleure note de la classe en français…

LE GARCON : - Content de l’apprendre. Et c’est tout ?

LA FILLE : - Non. Attends de voir ma note sur le devoir de géographie. Je suis certaine d’avoir répondu juste à toutes les questions.

LE GARCON : - Ah, ouais ? Et bien tant mieux pour toi.

LA FILLE : - Ben, dis-donc, t’en fait une tête. Combien tu as eu au devoir de math, toi ?

LE GARCON : - Moins que toi puisque tu as la meilleure note de la classe.

LA FILLE : - Et au devoir de français ?

LE GARCON : - Moins que toi pour les mêmes raisons, je pense.

LA FILLE : - Et la géo ?

LE GARCON : - Sans commentaire.

LA FILLE : - Moi, j’en ai eu plein de commentaires sur mes devoirs. « Travail parfait », « Excellent devoir. », « La leçon est sue. »

LE GARCON : - Ah ! Dommage !

LA FILLE : - Pourquoi dommage ?

LE GARCON : - Ben, on ne parle jamais de toi.

LA FILLE : - Qu’est-ce tu veux dire ? Je ne comprends pas.

LE GARCON : - Ben, tu vois, tu n’es pas bonne partout.

LA FILLE : - Mais si. Je suis la meilleure de la classe.

LE GARCON : - (Soudain remonté.) Et « la vie scolaire », hein ? Tu y as pensé à « la vie scolaire » ? La « vie scolaire » c’est quand on parle de toi, de ton comportement en classe ou avec les autres, seul ou en groupe. Tu as quelle note ? Vas-y, dis pour voir !

LA FILLE : - (Moins souriante.) J’en sais rien, moi. Je n’ai pas ça sur mon carnet de note.

LE GARCON : - Et tu sais pourquoi ? C’est parce que tu as tout le temps été absente des cours de « vie scolaire. » Tu es tout le temps toute seule. Personne ne veut te parler parce que tu te vantes tout le temps. Tout le monde t’appelle la « chetron sauvage ». Tu n’as même pas de copains, t’es tout le temps plongée dans tes livres. Par contre, moi, voilà le commentaire de mon devoir de math : « Dommage. Tu es capable. Tu ne manques pas de courage. Fais un effort de concentration. Tu perds pied trop vite. Il est certain que tu peux réussir. Tu en as les moyens. Continue de participer en classe comme tu le fais. ». Et là, tu dis quoi, hein ? Allez, je te laisse toute seule. Quand tu te seras décidée pour faire un petit effort, fais-moi signe. Salut. (Il sort.)

LE FILLE : - (Catastrophée.) Mince. Mais qu’est-ce que je vais faire ? Je vais me faire allumer à la maison. Mince. Mince. (Elle sort.)

TOUT POUR MOI

(Un garçon et une fille s’installent à leur table de classe.)

LE GARCON : - Ah, non. Là, tu prends toute la place.

LA FILLE : - Je ne prends pas toute la place. Je suis juste à ma place.

LE GARCON : - Ah, non. Regarde, ta gomme est sur mon côté de la table, pas sur le tien.

LA FILLE : - Oh, ça va ! Toute une histoire pour une gomme.

LE GARCON : - Peut être mais c’est comme ça. Et ton sac, tu le mets de l’autre côté. Là, c’est mon côté.

LA FILLE : - Bon, ça va. Il ne va pas te manger mon sac. Il ne mord pas que je sache.

LE GARCON : - Si. Il mort la ligne.

LA FILLE : - Quelle ligne ?

LE GARCON : - (Montrant par terre.) Là, la ligne par terre. Tu vois ?

LA FILLE : - Non, je ne vois pas.

LE GARCON : - Et bien, moi, je la vois. (Montrant.) C’est la ligne qui va de là à là, qui passe dessus comme ça et qui va, là, jusqu’au bout.

LA FILLE : - Toi, faut arrêter le yaourt, le matin. Ca te prend la tête…

(Un silence où les deux élèves suivent le cours.) (Les deux élèves sortent soudain des livres de leurs cartables. La fille pose le tout au centre de la table au fur et à mesure.)

LE GARCON : - Ah, non ! Là aussi, tu prends toute la place.

LA FILLE : - Quoi encore ?!

LE GARCON : - Tu as posé tes livres de mon côté alors que tu sais très bien que nous avons chacun un côté et que (montrant) chaque côté correspond à une ligne bien précise qui va de là à là et…

LA FILLE : - Ca va ! T’es lourd ! Un instant, je vais te les enlever les livres.

LE GARCON : - Oui et bien, j’attends !

LA FILLE : - (En retirant nerveusement les livres.) Voilà, il est content ? Il a tout son côté pour lui…

(Un silence. Puis les élèves, se penchent sur leurs cahiers pour écrire. La fille, assise de biais, a le coude au milieu de la table.)

LE GARCON : - Ah, non ! Là, tu franchis la limite.

LA FILLE : - Et toi, tu dépasses les bornes, là. Qu’est-ce qu’il y a, encore ?

LE GARCON : - Ton coude. Et tes fesses…

LA FILLE : - Mais, je te permets pas de parler de mes fesses, comme ça.

LE GARCON : - Bouge tes fesses.

LA FILLE : - Non, mais ça va pas la tête ?

LE GARCON : - (Le stylo plume à la main.) Bouge tes fesses ou je te pique…

LA FILLE : - Vas-y, essaye pour voir !

LE GARCON : - (Piquant les fesses de la fille.) Sors tes fesses de là !

LA FILLE : - Aïe ! Mais, il est malade celui-là.

LA VOIX DU MAITRE D’ECOLE : - Elève Cumule, Jacques Cumule ! Ca vous prend souvent ? Vous me copierez à tous les temps et à tous les modes, la phrase suivante : « Je ne pique pas les fesses de ma voisine. ». Ca vous apprendra.

LA FILLE : - Voilà, comme ça, j’ai tout mon côté pour moi. Et toi, tu as ta punition, rien que pour toi. Et crois-moi, celle-là, je te la laisse.

TROP DE BOL

(Deux filles à une table d’école. Une s’applique à écrire, l’autre, stylo à la bouche, laisse son regard parcourir la salle.)

FILLE 1 : - (Avec envie.) Trop de bol ! Oh ! Trop de bol !... Non ! Trop de bol ! Ca, c’est trop de bol !

FILLE 2 : - Ben, ça va. Cache ta joie. Quand si le maître t'entend, ce ne sera pas de bol !

FILLE 1 : - Mais non. Il a rien vu. Il s’en fiche. Trop de bol, n’empêche. J’aimerai bien être maître d’école. Ca doit être super de filer des devoirs aux autres.

FILLE 2 : - Pour être maître d’école faut, peut être, commencer déjà par se mettre au travail.

FILLE 1 : - Ouais. T’as trop de bol. Comment tu fais ? Moi, je sèche.

FILLE 2 : - A force de faire du vent… (Elle l’imite.) « Ouah ! Pffffouah ! Baffff ! Trop de bol ! ». Tu risques de sécher, c’est sûr…

FILLE 1 : - (Regardant dans la salle.) Ouah ! Trop de bol ! La coupe de cheveux qu’elle a, Mélanie… Je veux la même. Je suis super jalouse. Trop de bol !

FILLE 2 : - Ah, ouais, je trouve aussi qu’on dirait un bol qu’elle a, sur la tête, Mélanie.

FILLE 1 : - Tu délires. Trop de bol. Elle est coiffée comme Lady Gaga. Trop top. Trop fun. Trop mode. Trop de bol…

FILLE 2 : - Comme Lady Gaga ? (Ironique.) T’inquiète. T’as pas besoin, toi, de la coupe pour faire Lady Gaga…

FILLE 1 : - Ah, ouais ? Tu trouves ? (Regardant la fille 2 avec surprise.) Trop de bol !!! Je veux les mêmes.

FILLE 2 : - (Qui a sursauté.) Oh ! Ça te prend souvent ?

FILLE 1 : - Trop de bol d’avoir des boucles d’oreilles, comme ça. Tu peux me les prêter ? Allez, allez ! Trop de bol…

FILLE 2 : - Non, non, ça suffit. Y pas trop de bol.

FILLE 1 : - Mais si, regarde. Ca te va super trop de bol bien et tout...

FILLE 2 : - Non. Elles me vont bien, c’est tout. Il y aucun bol à avoir des boucles d’oreilles. Les boucles d’oreilles, la coiffure Lady Gaga, tout ça, faut pas de bol pour les avoir.

FILLE 1 : - Mais qu’est-ce que tu dis ? C’est trop de bol au contraire…

FILLE 2 : - T’as pas compris. Le problème, il n’est pas d’avoir du bol ou pas. Le problème, il est qu’au moment où on a les boucles d’oreilles et la coupe de Lady Gaga et en plus, si on est maître d’école…

FILLE 1 : - Ah, ouais, trop de bol, les trois à la fois.

FILLE 2 : - Laisse-moi finir… Le problème, c’est de t’avoir en face ou à côté.

FILLE 1 : - Ben, pourquoi ?

FILLE 2 : - Parce que c’est pas de bol.

FILLE 1 : - De quoi ?

FILLE 2 : - De t’avoir à côté, banane, tu comprends rien ou quoi ?

(Un silence où la fille 2 ne dit plus rien.)

FILLE 1 : - N’empêche que t’as trop de bol de comprendre plein de trucs. Moi, je ne comprends pas tout.

FILLE 2 : - (Désolée.) Ouais. Trop de bol d’avoir pas de bol.

C'est irritant

(Deux garçons à une table d’école. L’un des deux n’arrête pas de gigoter sur son siège.)

GARCON 1 : - Mais qu’est-ce tu as à bouger tout le temps. Je n’arrive même pas à copier ma leçon.

GARCON 2 : - Désolé mais ce weekend, avec mes parents, on a fait une ballade en forêt et j’ai été piqué par des plantes qui grattent, des plantes urticantes qu'on appelle ça.

GARCON 1 : - Peut être mais c’est lassant à force. En plus, tu n’es pas discret. Tout le monde nous regarde. Déjà que le maître n’est pas de bon poil…

GARCON 2 : - Je sais mais je n’y peux rien. C’est plus fort que moi.

(Un temps où le garçon 2 s’est calmé. Puis il recommence à se gratter de plus belle.)

GARCON 1 - (Plus agacé) Mais c’est pas vrai. Tu m’as fait encore bouger. J’ai une grosse rature sur mon cahier. T’es lourd, là !

GARCON 2 : - J’y peux rien c’est plus fort que moi. Tu serais à ma place, tu jonglerais, c’est moi qui te le dis.

GARCON 1 : - J’y suis peut être pas à ta place mais je suis à côté de toi, alors arrête… (Soudain.) Fais gaffe ! le maître nous regarde…

(Les deux garçons s’immobilisent. Le garçon 2 tente de se contenir puis reprend peu à peu ses mouvements et disparaît sous la table qui bouge en tout sens.)

GARCON 1 : - (De plus en plus énervé.) Non, mais je rêve ! Qu’est-ce tu fiches là-dessous ? C'est un vrai tremblement de terre.

GARCON 2 : - J’ai les pieds qui grattent. C’est pas de ma faute.

GARCON 1 : - C’est pas possible, c’est un malade ce type. Un malade !

GARCON 2 : - (Revenant à la surface.) J’y peux rien, je te dis…

GARCON 1 : - (Lui mettant la main sur la bouche.) Boucle-là, je te dis, le maître va nous entendre…

(Un silence où le calme revient.) (Le garçon 2 tente de faire comprendre quelque chose au garçon 1 qui garde sa main sur la bouche encore un temps.)

GARCON 1 : - Boucle-là, je te dis…

GARCON 2 : - Mmmmpfff ! Mmpff !

GARCON 1 : - Tais-toi ! Bouge plus !

GARCON 2 : - Mmppff !

GARCON 1 : - La ferme ! (Libérant son camarade.) Ca y est. Danger écarté. Il n’a rien vu… Et maintenant, tiens-toi tranquille !

GARCON 2 : - Mais…

GARCON 1 : - Chut !

(Un temps où le garçon 2 s’est résigné. Puis progressivement le garçon 1 commence à se gratter les mains, puis les bras,…)

GARCON 1 : - Bon sang ! Qu’est-ce qui m’arrive ?

GARCON 2 : - C’est ce que je me tue à te dire depuis tout à l’heure.

GARCON 1 : - (Tout en se grattant de plus en plus.) Oh ! Toi ça va !

GARCON 2 : - Tu vois, tu continues. Tu t’entêtes.

GARCON 1 : - (Se grattant toujours de plus en plus.) Mais, qu’est-ce que j’ai ?

GARCON 2 : - Tu as simplement la même chose que moi à présent.

GARCON 1 : - Comment ça ? Je ne suis pas allé en forêt, moi.

GARCON 2 : - Mais c’est tout comme. Je voulais te prévenir de ne pas me toucher. Les plantes qui m’ont piqué était contagieuses, alors, c’est sûr...

GARCON 1 : - (Dans une grande colère et saisissant son partenaire pas la chemise.) Quoi ? Répète ce que tu viens de dire là ! Je vais te casser la figure, moi. Tu ne pouvais pas le dire avant ?

LA VOIX DU MAITRE D’ECOLE : - Dites-donc, les deux là-bas, vous commencez à m’irriter. Vous me copierez cent fois : « Je ne gesticule pas pendant la classe. »

(La bagarre continue de plus belle entre les deux garçons.)

RECYCLAGE

(Une fille et un garçon à une table d’école.) (Le garçon est visiblement paresseux.)

LA FILLE : - Bon, alors, qu’est-ce qu’on n’a pas encore noté ?

LE GARCON : - Faut encore noter quelque chose ?

LA FILLE : - Ben, tiens. Le maître a dit qu’il faut finir la rédaction de notre exposé avant la fin de l'heure. En plus, il va nous interroger dans un instant.

LE GARCON : - Mais qu’est-ce que tu veux noter de plus ?

LA FILLE : - Et la liste des déchets recyclables, elle va peut être se faire toute seule ? Vas-y, note.

LE GARCON : - Pourquoi, c’est moi qui note ?

LA FILLE : - Parce que c’est comme ça. Moi, j’ai tracé tout le tableau. A présent, c’est ton tour. Note, je te dis !

LE GARCON : - (Avec mauvaise volonté.) Qu’est-ce que je note ?

LA FILLE : - La liste des déchets recyclables. Je viens de le dire. T’es bouché ou quoi ?

LE GARCON : - C’est lesquels les déchets recyclables ?

LA FILLE : - Tu le fais exprès ? On vient de les parcourir dans le livre, là !

LE GARCON : - Ah, ouais ! J’ai pas fais gaffe.

LA FILLE : - Oui et bien maintenant, fais gaffe. Note : bouteille en plastique.

LE GARCON : - (Lentement en ânonnant.) Bouteille en plastique. Ca s’écrit comment : bouteille.

LA FILLE : - B-O-U-T-E-I-L-L-E. Bouteille. Mais dépêche-toi, on n’a pas tout notre temps. Ensuite, note : bouteille en verre.

LE GARCON : - (Lentement en ânonnant.) Bouteille en verre. Ca s’écrit comment : bouteille.

LA FILLE : - Tu le fais exprès ou quoi ? Je viens de le dire. B-O-U-T-E-I-L-L-E.

LE GARCON : - Ah, ouais. J’avais oublié.

LA FILLE : - Mais dépêche-toi, qu’est-ce que tu es mou ! Note. La suite. Dans l’autre case. Dans l’autre case ! Banane !

LE GARCON : - Ca s’écrit comment : banane ?

LA FILLE : - (Agacée.) Je ne t’ai pas demandé d’écrire : banane. C’est toi la banane !

LE GARCON : - Ah ! (Pouffant mollement de rire.) J’avais pas compris. Que je suis bête…

LA FILLE : - Je ne te le fais pas dire. La suite. Note : boîte de conserve.

LE GARCON : - C’est moi que tu te traites de boîte de conserve ?

LA FILLE : - (Sur les nerfs.) Mais non, c’est un des déchets recyclables. Note, espèce de nouille !

LE GARCON : - Je note.

LA FILLE : - C’est ça et dépêche-toi, on va se faire avoir ! (Regardant la liste.) Qu’est-ce que c’est que ça ? Pourquoi, tu as marqué : espèce de nouille ?

LE GARCON : - Mais tu m’as dit…

LA FILLE : - Mais non, c’est toi la nouille ! Il m’énerve ! Il m’énerve !

VOIX OFF DU MAITRE : - Bien. C’est fini. Tout le monde pose le stylo.

LA FILLE : - (Au garçon) Là ! On n’a pas fini ! T’es content ? Idiot, celui-là !

VOIX OFF DU MAITRE : - Alors, qui peut me donner un exemple de déchet qu’il est absolument impossible de recycler ?

LA FILLE : - (Levant subitement la main.) Moi, monsieur ! Mon voisin de classe ! Un vrai déchet absolument irrécupérable !

Publié dans Théâtre enfants

Commenter cet article