DISPARITIONS

Publié le par Gianmarco Toto

DISPARITIONS

Les enfants adorent les histoires mystérieuses qui font peur. Voici quatre saynètes à l'usage des jeunes comédiens. De quoi offrir quelques frayeurs aux spectateurs. Il y est question d'étranges et improbables disparitions. Mais c'est tellement amusant d'avoir ou de faire peur.

AU PLACARD

(Deux filles attendent devant un placard.)(Elles n’osent pas l’ouvrir.)

(Deux garçons apparaissent et visiblement ont l’air de s’amuser de la situation.)

Un garçon : - Qu’est-ce que vous attendez devant ce placard ?

Une fille : (Agacée.) - Rien. On n’attend rien.

Un garçon : - Tu parles. A la mine que vous faites, on voit bien que vous attendez quelque chose.

Une fille : - On ne fait pas de mine. On est là, c’est tout.

Un garçon : - Ben tiens. Et vous êtes là, comme ça, par hasard devant ce placard.

L’autre garçon : - On n’y est jamais par hasard devant un placard.

Une fille : - Nous sommes devant ce placard comme on pourrait être devant n’importe quoi d’autre, comme une porte par exemple.

Un garçon : - C’est bien ce que je dis. Même devant une porte, on s'y trouve toujours parce qu’on veut l’ouvrir ou la fermer.

Une fille : (Agacée.) - En parlant de la fermer, je me demande justement de quoi vous vous mêlez…

Un garçon : - Et voilà. On s’agace. On s’irrite. C’est qu’il y a bien une raison. (En s’adressant à l’autre garçon.) Pas vrai ?

Un garçon : - Oui. Et moi, je suis certain que vous êtes là, devant ce placard, à ne rien faire, parce que vous n’osez pas.

Une fille : - On n’ose pas quoi ?

Un garçon : - L’ouvrir.

Une fille : - N’importe quoi.

Un garçon : - Allez. Avouez.

Une fille : - Et pourquoi, on n’oserait pas l’ouvrir ce placard.

Un garçon : - Parce que vous avez peur.

Une fille : - Peur de quoi ?

Un garçon : - Peur de ce qui pourrait s’y trouver.

Une fille : - Et qu’est-ce qui pourrait s’y trouver ?

Un garçon : - Je ne sais pas, moi. On peut y trouver plein de choses, dans un placard.

Une fille : - Et qui vous dit qu’on a envie de l’ouvrir ce placard ?

Un garçon : - Bien sûr, vous n’en avez pas envie parce que vous avez peur. C’est logique.

Un garçon : - C’est vrai. C’est flippant, quelque part, un placard.

Un garçon : - On veut ou on doit aller y chercher quelque chose. Mais on ne sait pas trop si on va trouver la chose en question ou si on y trouverait pas autre chose à la place.

Une fille : - C’est compliqué votre explication.

Un garçon : - C’est simple, au contraire.

Un garçon : - Oui. C’est si simple d’ouvrir un placard.

Une fille : - Puisque c’est si simple, tu n’as qu’à l’ouvrir.

Un garçon : - Ben voyons. C’est si facile de demander aux autres.

Une fille : - Là, vous vous chercher une raison.

Un garçon : - Une raison pour quoi ?

Une fille : - Une raison pour ne pas l’ouvrir ce placard.

Un garçon : - Hé, minute ! Ce n’est pas nous qui faisons le piquet devant ce meuble depuis un moment.

Une fille : - Peut-être, mais c’est vous qui en faites tout un plat de ce placard.

Une fille : - Nous, on a rien demandé.

Un garçon : - Vous n’avez rien demandé parce que vous avez trop peur.

Un garçon : - Ca blesse votre fierté de filles. Allez, on vous connait, va…

Une fille : - Il n’y a aucune honte à avoir peur. C’est un sentiment tout naturel.

Un garçon : - Et c’est elle qui dit ça ? C’est un peu fort.

Une fille : - C’est vous qui jouez les fortiches, pas nous.

Un garçon : - Nous ?

Une fille : - Oui. Vous. Et tout ça parce que vous n'êtes pas plus capables que nous d’ouvrir ce placard.

Un garçon : - Et pourquoi ça ?

Une fille : - Parce que vous avez peur. Comme nous.

Un garçon : - Alors là, je demande à voir ça.

Une fille : - Mais nous aussi, nous ne demandons qu’à voir si vous en êtes capables.

Un garçon : - Ok. On fait sa maline ? D’accord, on va l’ouvrir votre placard.

L’autre garçon : - Ouais. Et quand on l’aura ouvert, ça vous fera la fermer un peu.

Un garçon : - Ouais. Ca va vous clouer le bec.

L’autre garçon : - Et vous serez bien surprises…

(Les deux garçons s’avancent vers le placard et l’ouvrent doucement, non sans une certaine appréhension. Puis, lorsque la porte est grande ouverte, Ils entrent dans le placard et la referment derrière eux.)(Au bout d’un temps où les garçons ne ressortent toujours pas, les filles se décident à aller voir.)

Une fille : - Alors ?

L’autre fille : - (Qui a ouvert la porte du placard.) Plus rien.

Une fille : - C’est bête.

L’autre fille : - Oui. Très bête.

Une fille : - On les avait pourtant mis en garde.

L’autre fille : - Oui. Ce n’est pas faute de les avoir prévenu.

Une fille : - Ils auraient dû faire comme nous.

L’autre fille : - Oui. Ils auraient dû car il faut toujours se méfier des placards.

Une fille : - Oui, mieux vaut rester prudent quand on ne sait pas ce qu’il y a dans un placard.

L’autre fille : - Et surtout s’il n’y a rien.

Une fille : - Oui, surtout.

L’autre fille : - Parce que s’il n’y a rien et bien, on peut tomber sur rien.

Une fille : - Oui, et si on tombe sur rien et bien…

L’autre fille : - …Et bien, il n’y a plus rien…

Une fille : - Plus rien du tout.

(Elles sortent avec un étrange sourire aux lèvres.)

SOUS LE LIT D’AMELIE

(Un frère et une sœur sont dans leurs lits.)(Le frère dort à point fermé.) (On entend des bruits qui grattent, qui couinent, qui soufflent et qui sifflent. La sœur a visiblement du mal à dormir. Elle se tourne et se retourne sans arrêt, se redresse, se rallonge, etc.)

La sœur : (Voulant discrètement réveiller son frère.) – Benoît. Hé, Benoit.

Le frère :(Dans un demi-sommeil.) - Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?

La sœur : - Tu dors ?

Le frère : - Oui. Tu vois bien. Je parle même en dormant.

La sœur : - Ce n’est pas le moment de plaisanter.

Le frère : - Et tu voudrais que je fasse quoi ? Que je te remercie peut être de tourner et de retourner dans ton lit comme tu le fais depuis un moment ?

La sœur : - Je n’arrive pas à dormir…

Le frère : - J’avais bien compris, je pense.

La sœur : - J’entends des bruits ?

Le frère : - Des bruits ?

La sœur : - Oui, des bruits sous mon lit…

Le frère : - Et quels bruits ?

La sœur : - Des bruits qui grattent, qui couinent, qui soufflent et qui sifflent…

Le frère : - Des bruits qui sifflent ?

La sœur : - Oui… J’ai peur.

Le frère : - Il n’y a rien qui siffle sous ton lit, Amélie.

La sœur : - Mais puisque je te dis que j’entends quelque chose, là, en dessous.

Le frère : - Ecoute, Amélie. Je dors dans cette chambre depuis aussi longtemps que toi, je crois et, de mémoire, je ne me souviens pas avoir entendu quoique ce soit qui gratte ou qui grince sous ces lits.

La sœur : - Qui souffle…

Le frère : - Quoi ?

La sœur : - Qui souffle, pas qui grince.

Le frère : - Amélie. Un sommier, ça grince, ça crisse ou ça craque mais ça ne souffle pas.

La sœur : - Et pourtant…

Le frère : - C’est dans ta tête, Amélie, pas sous le lit. Allez, rendors-toi.

(Benoit se retourne dans son lit. Amélie s’enfonce sous les draps en ne laissant passer que la moitié de son visage en écarquillant de grands yeux pleins d’inquiétude.) (On entend de nouveau des bruits qui grattent, qui couinent, qui soufflent et qui sifflent.)

Amélie : (En bondissant dans le lit de son frère.) – Benoit. Ca y est, ça recommence !

Benoit : (Sursautant.) - Qu’est-ce qui recommence ?

Amélie : (Montrant du doigt son lit.) - Là. Ca re-gratte, ça re-couine, ça re-souffle et ça…

Benoit : (Très agacé.) - Et ça commence à me courir sur le système… Mais, nom de nom, Amélie ! Puisque je te dis qu’il n’y a rien sous ton lit. Rien de rien qui grouille ou qui grogne…

Amélie : - Qui gratte, pas qui grouille…

Benoit : - Qui gratte ou qui crotte ou ce que tu veux. Il n’y a rien, un point c’est tout.

Amélie : - Alors qu’est-ce que qui fait tous ces bruits ?

Benoît : - Ton imagination, Amélie, uniquement ton imagination.

Amélie : - Ca ne fait pas de bruit, l’imagination.

Benoît : - Mais ça contribue largement à nous faire croire qu’on entend ou qu’on voit des choses qui n’existe pas.

Amélie : - Mais si on entend quelque chose, c’est qu’elles existent ces choses.

Benoit : - Encore une fois, c’est dans ta tête, Amélie, dans ta tête.

Amélie : - Je n'en suis pas convaincue.

Benoit : (Se levant de son lit d’un bond.) – Bon. Tu veux que je te le prouve ? C’est ça ? (Il se glisse sous le lit de sa sœur.) Là, voilà, tu es satisfaite ? Il n’y a rien sous ton lit, à part des moutons de poussières et des montagnes de jouets et d’autres choses, il n’y a rien. Berk. J’en ai plein le pyjama.

Amélie : - Et moi, je suis certaine d’avoir entendu quelque chose sous mon lit.

Benoit : (S’asseyant sur le lit de sa sœur, les deux pieds posés au sol.) Tu t’entêtes, Amélie, tu t’entêtes.

Amélie : (Boudeuse, assise sur le lit de son frère. Elle détourne le regard en signe de protestation.)

- Je ne sais pas si je m’entête ou si c’est dans ma tête comme tu as l’air de si bien le dire mais moi, je sais ce que j’entends et que je n’entends pas.

Benoit : (Désolé.) - Oh, non, je vous jure, ces filles !

(Pendant qu’Amélie débite son discours, Benoît s’amuse à passer et repasser sous le lit jusqu’à disparaître tout à fait.)

Amélie : - Et ce n’est pas la peine de jouer les grands faiseurs de leçons. Tu es bien un garçon, tiens. Vous autres croyez toujours que nous, les filles, sommes peureuses et pleurnichardes. Et bien, vous vous trompez. Avec vous ce ne sont que sarcasmes et moqueries. Mais nous, les filles, osons afficher nos sentiments. Ce n’est pas comme vous. Nous, nous sommes sensibles aux choses de la vie. Avec vous, tout est toujours comme ci ou comme ça. Vous avez toujours une explication à tout. Et puis… (Elle se retourne et aperçoit, vexée, que Benoit a disparu. Elle cherche sous son lit et celui de son frère.) Et voilà ! C’est toujours pareil avec ces garçons ! Dès qu’on les place devant les réalités, ils disparaissent comme par hasard.

ON NOUS SUIT

(Deux filles rentrent chez elle. Il fait nuit. L’une marche plus vite que l’autre.)

Fille 1 : - Attend ! Attend ! Mais pourquoi tu fonces comme ça ?

Fille 2 : - Dépêche-toi. Il fait nuit et nous devrions déjà être rentrées

Fille 1 : - Nous ne somme pas en retard. Nous sommes à l’heure.

Fille 2 : - Oui, mais il fait nuit.

Fille 1 : - Et alors…

Fille 2 : - Et alors, deux filles seules en pleine nuit, ce n’est pas prudent.

Fille 1 : - Tu exagères. Hier aussi, nous sommes rentrées en pleine nuit. Tu n’en faisais pas toute une histoire.

Fille 2 : - Oui, mais aujourd’hui, c’est différent. Je ne suis pas rassurée.

Fille 1 : - Ben, t’es drôle toi ! Pourquoi ce serait si différent ?

Fille 2 : - Parce que j’ai l’impression qu’on nous suit.

Fille 1 : - (Elle regarde en arrière.) Ce n’est qu’une impression, alors, parce qu’il n’y a personne dans cette rue.

Fille 2 : - Justement. Il n’y a personne.

Fille 1 : - C’est bien ce que je dis. Il n’y a personne donc, personne ne nous suit.

Fille 2 : - C’est ça. Et bien, je n’ai pas envie de vérifier, alors ne trainons pas.

Fille 1 : - Mais puisque je te dis qu’il n’y a pas âme qui vive.

Fille 2 : - (Soudain.) Chut !

Fille 1 : - Quoi…

Fille 2 : - Tu n’as rien entendu ?

Fille 1 : - A part le vent glacial qui s’engouffre entre les maisons et qui commence à me geler les orteils, je n’ai rien entendu.

Fille 2 : - Et moi, je suis persuadé qu’il y a quelqu’un, là.

Fille 1 : - Où, là ?

Fille 2 : - (En scrutant l’obscurité.) Derrière ou devant nous. Je ne pourrais pas dire.

Fille 1 : - S’il y a quelqu’un devant nous, c’est qu’on ne nous suit pas.

Fille 2 : - Quoi ?

Fille 1 : - Tu dis qu’il y a peut être quelqu’un devant nous. S’il y a quelqu’un devant nous, il ne nous suit pas, il nous précède.

Fille 2 : - C’est une façon de parler. J’ai l’impression qu’on nous observe, c’est ça que je voulais dire.

Fille 1 : - Et qui veux-tu qui nous observe à part quelques commères du quartier scotchées à leurs fenêtres parce qu’elles n’ont que ça à faire.

Fille 2 : - Non. C’est plus précis que ça. J’ai la nette impression que quelqu’un est là qui nous épie dès que nous avançons.

Fille 1 : - C’est du délire, mais bon, puisque tu y tiens, faisons un test. On avance lentement et, à mon signal, on se retourne brusquement. Comme ça si quelqu’un nous observe, on le verra bien.

(Elles avancent lentement pendant un moment puis…)

Fille 1 : - Maintenant !

(…Elles s’arrêtent et se retournent en même temps.)

Fille 2 : - Là ! Tu as vu ?

Fille 1 : - Quoi ? Je ne vois rien, il fait tout noir.

Fille 2 : - Mais là, là, je te dis, entre la cabine téléphonique et les poubelles…

Fille 1 : - C’est un lampadaire, ma petite, un lampadaire.

Fille 2 : - Derrière le lampadaire…

Fille 1 : - Il n’y a rien derrière le lampadaire. Et puis, s’il y avait quelqu’un, on le verrait à moitié. Ce n’est quand même pas très épais, un lampadaire. Ou alors faudrait être aussi maigre qu’un lampadaire, mais personne n’est aussi maigre qu’un lampadaire.

Fille 2 : - Ben, moi, je n’en suis pas si sûre, tu vois.

Fille 1 : - Mais c’est n’importe quoi. Tu en as déjà vu, toi, des personnes aussi minces que des lampadaires ?

Fille 2 : - (Qui n’avait pas quitté des yeux le lampadaire en question.) Là ! Regarde ! Là ! Là !

Fille 1 : - (Regardant dans la même direction.) Quoi, là, là ! Il n’y a rien, là !

Fille 2 : - Ne me dis pas que tu ne vois pas la tête qui se penche vers nous derrière le lampadaire.

Fille 1 : - Non, je ne vois rien derrière ton lampadaire. Tu as des visions, je crois.

Fille 2 : - Mais puisque je te dis que quelqu’un se cache, là, derrière.

Fille 1 : - (Avec lassitude.) Bon, écoute, tu sais ce que je vais faire ? Je vais aller voir, moi, si quelqu’un se trouve derrière ce lampadaire. Et peut être que là, tu seras plus rassurée.

Fille 2 : - Je ne suis pas tranquille. J’ai peur qu’il arrive quelque chose.

Fille 1 : - Tu es vraiment lourde comme fille. Mais bon sang que veux-tu qu’il m’arrive ?

Fille 2 : - Je ne sais pas. J’ai une impression bizarre.

Fille 1 : - Moi, je trouve que tu es surtout de moins en moins drôle depuis un moment. (En se dirigeant vers le lampadaire.) Allez, finissons-en. J’y vais.

Fille 2 : - Attention, tout de même.

Fille 1 : - T’inquiète. Je gère. (Elle passe derrière le lampadaire et ne réapparaît pas de l’autre côté.)

Fille 2 : - Hé ! Où es-tu ? Pourquoi tu ne dis rien ? Hé ! Ho ! Ce n’est pas drôle. Si tu crois me faire une blague, ce n’est pas très malin. (Elle passe à son tour derrière le lampadaire puis disparaît à son tour.)

(On n’entend plus rien dans la rue. Seulement le vent glacial qui s’y engouffre.)

LA MALLE

(Quatre filles armées de lampes torches sont descendues dans une cave.)

Fille 1 : - C’est par là, je vous dis. Elle est là. Juste là.

Fille 2 : - Il fait tout noir. Franchement pas rassurant.

Fille 3 : - Il n’y a pas lumière ? Vous ne connaissez pas ça, chez vous, la lumière ?

Fille 4 : - Moi, si je vois une araignée, je vous préviens, je crie.

Fille 1 : - Mais qu’est-ce que vous êtes trouillardes. Jamais vu ça.

Fille 4 : - Je ne suis pas trouillarde. Je déteste les araignées, c’est tout. Et dans une cave, il y a toujours des araignées.

Fille 1 : - C’est du pareil au même. Tu as quand même peur de quelque chose.

Fille 3 : (En s’adressant à la fille 4) Attention ! Ne bouge pas ! Là, sur ton épaule.

Fille 4 : - (Affolée.) Quoi ! Quoi ! Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce que c’est ?

Fille 3 : - Tes cheveux ! (Elle rit de sa mauvaise plaisanterie.)

Fille 2 : - Ah, ça, ce n’est pas malin. Ce n’est pas malin du tout même.

Fille 3 : - Oh, ça va ! Ce n’était qu’une blague.

Fille 2 : - Ben, c’est idiot quand même. Tu ne sais donc pas qu’il ne faut jamais jouer avec la peur des gens ?

Fille 4 : - Je n’ai pas peur. Je n’aime pas les araignées. C’est répugnant.

Fille 1 : - La grosse bête qui a peur de la petite bête.

Fille 2 : - (A la fille 1) Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi. Laissez-là tranquille.

Fille 3 : - Ok ! Ok ! Bon, on fait quoi maintenant ?

Fille 1 : - Venez, c’est par ici. Elle doit être juste là.

Fille 4 : - Ca va être encore long ? Je ne peux vraiment pas vous attendre dehors ?

Fille 1 : - Ne t’inquiète pas. Quand tu l’auras vu, tu n’y penseras même plus.

Fille 3 : - Mais c’est quoi au juste ce que tu veux nous montrer ?

Fille 2 : - C’est vrai ça. Tu nous dis, suivez-moi, j’ai quelque chose à vous montrer mais pour l’instant, on ne voit rien…

Fille 1 : (En pointant sa lampe torche vers une grosse malle.) - La voilà ! Elle est belle n’est-ce pas ?

Fille 4 : - Elle est vieille surtout.

Fille 3 : - Quoi, c’est pour ce vieux machin qu’on est en train de jouer les ramasses poussières ?

Fille 2 : - Wouaouh ! On la croirait sorti d’un vieux film de pirates.

Fille 1 : - Qui sait ? Peut-être qu’elle a appartenu à quelques flibustiers…

Fille 3 : - Quoi ? Tu ne sais pas ce qu’il y a à l’intérieur ? Tu n’as jamais regardé ?

Fille 4 : - J’espère qu’il n’y a pas ce à quoi je pense…

Fille 3 : - (A la fille 4) Bon. Tu ne vas pas recommencer avec ça…

Fille 1 : - C’est vrai. De suite, imaginer le pire. Mais peut être qu’on va y trouver une vieille carte au trésor…

Fille 2 : -…ou encore le vieux journal de bord d’un capitaine corsaire.

Fille 3 : - Ouvrons-là, nous verrons bien.

(Les filles se pressent autour de la malle et d’un geste commun font basculer le couvercle.)

Fille 3 : - Vide !

Fille 2 : - Plus vide que ça, il n’y a pas…

Fille 1 : - Ben, mince alors, si je m’attendais… Ben, pourquoi mon père nous a défendu de l’ouvrir s’il n’y a rien dedans ?

Fille 4 : - Doit bien y avoir une raison. Il y toujours une raison quand un adulte vous dis de faire ou de ne pas faire ça…

Fille 3 : - Oui, ben ça, ce n’est pas vrai, parce que quand je demande à ma mère si je peux sortir pour aller voir mes copines, elle a toujours une excuse bidon pour m’en empêcher. Du style : « Non, tu ne peux pas, tu as ta chambre à ranger ! » ou encore «Parce que c’est comme ça, c’est tout. »

Fille 2 : - Ah, ouais, celle-là, ma mère me la sort souvent.

Fille 4 : (Toujours pas rassurée.) - Bon, ben, on fait quoi maintenant ?

Fille 1 : - J’ai une idée. Puisque la malle est vide, on a qu’à s’y mettre pour jouer avec.

Fille 4 : - Et jouer à quoi ?

Fille 2 : - Aux pirates ! (En désignant la fille 3.) Toi et moi, on joue les princesses enlevées par de terribles pirates qui veulent nous vendre sur le marché aux esclaves.

Fille 1 : - Ah, ouais ! Et nous, on vous enferme dans la malle pour vous tenir prisonnières.

Fille 4 : - C’est pas très gai comme histoire.

Fille 3 : (En enjambant la malle.) Oh, ça va ! T’es vraiment triste, toi. On s’amuse, c’est tout.

Fille 1 : - Mais oui, tu vas voir, ça va être marrant. (En prenant une grosse voix.) « Allez les princesses dans la malle ! Et attention, ne tentez pas de vous échapper, sinon… »

Fille 2 : (Prenant une voix fluette.) - Oh ! Pitié, monsieur le pirate, ne nous enfermez pas.

Fille 3 : - (Même jeu que la fille 2.) Pitié, ne faites pas de nous des esclaves, monsieur le pirate.

Fille 1 : (Toujours avec une grosse voix.) - « Capitaine Jack, mes mignonnes, on m’appelle le capitaine Jack et vous serez toutes les deux vendues comme esclaves. (A la fille 4.) Allez, toi, moussaillon, boucle moi tout ça là-dedans. »

Fille 4 : - (Sans grande envie.) A vos ordres Capitaine Jack ! (Elle pousse les filles 2 et 3 dans la malle qui font mine de pleurer toutes les larmes de leurs corps, puis referme le couvercle.) Voilà, satisfait, ô capitaine, mon capitaine ?

Fille 1 : - C’est parfait moussaillons…

(Soudain une voix qui vient d’en haut.)

Voix off du père : - Dites-donc les filles vous faites quoi là en bas ?

Fille 1 : - Rien, papa, on s’amuse.

Voix off du père : - J’espère que vous n’avez pas touché à ma malle magique.

Fille 1 : - Ta malle magique ?

Voix off du père : - Oui. Celle que j’utilise à mes spectacles pour mon numéro de disparition. C’est une malle très fragile, si on déglingue quelque chose, on n’est pas certain de pouvoir le réparer. Et j’y tiens. Elle m’a été donné par un fakir hindou, alors pas touche.

(La fille 4 ouvre la malle. Elle est vide. Les deux amies ont disparu.)

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